Index de l’égalité professionnelle : les sanctions devraient pleuvoir à partir du 1er mars

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Le terme de mise à l’index n’est pas excessif, puisque c’est le terme même qui a été choisi par l’administration, les élus et les associations françaises qui ont concouru à l’élaboration de cette loi de 2018. Cette mise à l’index des entreprises n’est pas seulement administrative. Elle est aussi publique, puisque tout le monde peut consulter la liste des entreprises récalcitrantes et des bons élèves, pour autant qu’elles dépassent 50 employés, employé.e.s excusez-moi. Ces organisations sont notées sur 100. Avec un score entre 75 et 84, elles doivent faire des efforts. En dessous de 75, elles sont en infraction avec la loi et doivent se réformer dans les 3 ans sous peine de sanctions. Et celles au-dessus de 84 reçoivent un bon point et peuvent plastronner en public.

Jusque là, le dispositif a été assez pédagogique. Seules quelques entreprises ont été sanctionnées, faiblement. Depuis 2019, 126 pénalités ont été notifiées au total (70 liées à l’index, 56 à l’absence d’accord sur l’égalité professionnelle). C’était pour faire des exemples. Un classique de la gestion de troupeaux. A partir du 1er mars, le système de coercition passe à la vitesse supérieure. Le 1 % de la masse salariale de sanctions s’applique en cas d’infraction. Il va être tentant pour l’administration d’être ferme au vu de l’état des finances publiques. Ensuite, il devra y avoir au moins 30 % de cadres dirigeantes femmes dans toutes ces entreprises. Enfin la publication de l’index deviendra obligatoire.

Ces entreprises se sont largement aplaties devant la force publique ces dernières années. 61 % ont déclaré leur index dès 2022. 72 % en 2023. 77 % en 2024. Et au 1er mars 2025, elles étaient déjà 80 % selon les données officielles du ministère du travail. Et pourtant… 

 

Un dispositif communiste

L’idée d’obtenir une stricte égalité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail interroge. Les dirigeants poussés à faire du profit ne devraient pas s’occuper de telles considérations. Motivés par l’appât du gain seul, selon notre gauche, ils devraient choisir et promouvoir les employés les plus performants, en dehors de toute considération genrée. Choisir un homme sous performant par rapport à une femme, ce serait se tirer une balle dans le pieds. Admettre qu’un tel comportement existât, nécessiterait d’envisager l’existence de plusieurs biais dans la recherche du profit. Les féministes avancent qu’il y en aurait plusieurs. Mais tous reposent sur l’idée que les hommes seraient survalorisés socialement et qu’ils se promouvraient entre eux. A aucun moment n’est envisagée la possibilité d’une surperformance masculine (évidemment puisque hommes et femmes sont indifférenciés).

Plus encore, pour en arriver à de telles conclusions, il faut tordre la réalité. Qu’importe que les sections de DRH qui recrutent dans les grandes entreprises soient majoritairement féminines. 59 % de dirigeantes femmes à ces postes et presque 68 % pour les employées. Les féministes vous répondront que loin d’avoir des réflexes de ruche, ces femmes ont majoritairement intégré leur propre domination.

Si les assertions féministes se révélaient être exactes, l’exclusion des hommes injustement promus et la promotion de femmes performantes mais mises à l’écart, aurait dû aboutir à une augmentation de la performance des entreprises. Or depuis l’entrée en vigueur de la loi en 2018, il n’y a pas eu d’amélioration notable de la situation économique française. Loin de là, elle semble s’être un peu plus fragilisée en reposant de plus en plus sur une dette et une imposition qui arrivent de moins en moins à compenser les baisses d’augmentation de PIB par habitant. En parité de pouvoir d’achat, cette richesse par habitant est désormais en dessous de la moyenne européenne, et elle s’approche de la 25ème place mondiale. Bien entendu, il y a eu la crise du covid et la guerre avec la russie etc… (idem pour les autres vous me direz). Or loin d’interroger leurs méthodes de gestion de crise, ceux qui promulguent ce genre de lois se trouvent toujours des excuses. Ils gouvernent les masses avec leur logiciel contre-performant mais ce n’est pas de leur faute. Au début, ils nient le problème, jusqu’à ce que la situation soit intenable. Quand ils finissent par l’admettre, la situation est détériorée à un point qu’il est difficile de la rattraper. Ceux-là procèdent alors à une fuite en avant.

Au début des années 2010, un journal comme « le monde » pouvait titrer sur le bon niveau des élèves français. Puis sont venus les évaluations internationales, qui ont confirmé ce que toutes les personnes un peu courageuses observaient sur le terrain : la chute abyssale du niveau, la france se situant au niveau de l’albanie en mathématiques par exemple. Désormais, l’administration est partie dans une fuite en avant. Les écoles publiques échoueraient à cause des ghettos pour riches dans lesquels ils se regrouperaient pour continuer à oppresser la société. Fini donc l’instruction en famille. Les établissements renommés, même publics, comme Henri 4, sont attaqués. Et ne parlons pas des établissements privés tels que stanislas ou l’école alsacienne. La chasse est ouverte. Il faut dire que l’hypocrisie de ces ministres de gauche qui dénoncent cet état de fait, mais qui placent leurs enfants dans ces structures, en dit long sur l’hypocrisie ambiante. Comme si plus personne ne croyait réellement à ce logiciel égalitaire, mais que tous le défendaient par jalousie, par instinct de survie, ou par cynisme.

Dans les entreprises, une telle politique égalitaire augmente le chômage et nous mène à une perte de compétitivité collective, poussant toujours plus de personnes dans des conditions d’existence précaires. Dans l’idée gauchiste, les grosses entreprises privées bénéficieraient d’une rente de situation à l’égal de celle de la fonction publique. La richesse se prend. Elle est un vol si son partage n’est pas équitable. Il est vrai que les très grosses entreprises bénéficient de rendements d’échelle qui leur permettent une certaine latitude en matière de compétence. Elles sont remplies de fonctionnaires en vérité, qui occupent des bullshit jobs et qui entendent bien ne pas en faire trop, mais à un détail près : quelques employés très performants font tourner la boutique. C’est eux qui dégagent les marges (voir le témoignage éloquent de Charles Gaves sur le sujet quand il auditait suez). La liberté qui est laissée à ces derniers détermine le niveau de rentabilité général de la structure. Voilà donc à quoi cette loi s’attaque : au coeur nucléaire du capitalisme, ou ces quelques individus généralement masculins ultra performants qui ne rentrent pas dans les statistiques. A cause d’une telle loi, ils risquent d’être ostracisés, et seront poussés à partir en tant qu’indépendants, ou à l’étranger. Ce mouvement existe déjà. Cette loi et l’esprit qui y concourent ne feront que le renforcer, avec la perte de rentabilité et de liberté qui s’en suivra.

Evidemment, c’est pire encore pour les entreprises moyennes. Statistiquement, la valeur retenue par la loi de 50 employés avec un écart de 5 % entre des groupes, ne me semble pas valable. Les écarts de rémunération peuvent être gigantesques entre individus sans qu’ils ne soient significatifs quand ils concernent seulement une 50aine de personnes. A confirmer dans les tables de probabilité. Pour grok qui utilise une table de student t, l’écart de 5 % n’est plus du bruit à partir de 800-1000 employés. J’ai malheureusement perdu les compétences pour vérifier son calcul. Mais d’expérience, il me semble exact. En dessous de 1000 employés, la loi est néfaste, car elle identifie des écarts qui ne le sont pas, tout au moins de manière certaine. Et elle oblige à prendre des mesures de correction aveugles. C’est pourtant cet écart, au maximum, que les entreprises devront respecter.

Le risque de niveler les rémunérations et les promotions d’un individu plus performant sont gigantesques, alors que ces entreprises ne peuvent pas se permettre d’adopter un fonctionnement bureaucratique. Autant, la question des biais peut se poser dans les grosses structures. Autant les structures moyennes sont au plus près du terrain et de la rentabilité, et sont soumises à une pression concurrentielle énorme. Pour elles, l’idée qu’un homme soit rémunéré plus grassement qu’une femme de même niveau, est presque inenvisageable. De telles probabilités ne suivent pas une loi normale.

Pour être plus juste, il faudrait prendre pour repère, non pas un idéal égalitaire dans les chiffres, mais au contraire, étudier les entreprises les plus performantes et voir quel est leur niveau d’inégalité, même et surtout lorsqu’elles sont grandes. Et cela ne nous donnerait qu’une petite idée de son efficience. Faire un tel travail statistique pour les petites entreprises est impossible. Pour les grandes, on pourrait imaginer partir de critères de performance puis de déterminer un niveau d’écart « juste » entre les rémunérations. Cela me semble très acrobatique. Je ne crois pas que la recherche se soit jamais orientée en ce sens, surtout que nos gauchistes pourraient avoir de grosses surprises en découvrant par exemple, que l’inégalité est source de performance.

Et puis, comme je l’ai déjà évoqué, l’individu surperformant est justement celui qui échappe aux statistiques, celui pour qui la possibilité qu’un événement improbable arrive. La statistique est aussi capable d’étudier ce genre d’événement improbable. Mais en tout état de cause, cette loi est loin d’avoir intégré de telles considérations, elle qui confond petites et grosses structures, qui applique des variances déraisonnables pour les petites structures et qui n’identifie pas les différences de rémunération entre individus dans les structures aux performances différentes.

C’est très marrant. Il faudrait un individu comme moi pour mener à bien une telle réforme. Il faudrait le payer injustement et très cher. Et je suis presque certain que j’en arriverais à la conclusion qu’il n’y a aucune injustice entre hommes et femmes, sauf à l’exception. Que de temps et d’argent perdus entre temps… Encore plus acharnée,  notre élite et son idéologie égalitaire nous conduisent vers où nous savons tous aller collectivement, sans que personne ne puisse arrêter cette machine à perdre. Surtout qu’il est prévu que l’union européenne prenne le relais en matière d’exigences et de sanctions, ces politiques semblant être impulsées à très haut niveau et reprises partout. Elles prouvent que la compétence ne peut être le fait d’une structure mais d’individus qui la structure, un simple particulier comme moi étant capable de dépasser de loin toutes leurs réflexions. 

 


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