La part de diablerie dans les fausses apparitions mariales et christiques

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Un bon mensonge doit comporter pas mal de vérité, afin d’être cru. Dans nombre d’apparitions, le message qui y est délivré semble sain/saint. A y regarder de plus près, il ne l’est pas. Il reproduit l’esprit du monde en attaquant l’Église catholique par le dénigrement de ses saints prêtres. Ce sont le fait de femmes et ce n’est pas un hasard. Elles détruisent toute trace de masculinité dans le catholicisme pour en revenir à un culte façon pacha mama, que ce soit par le développement d’un culte marial envahissant, ou une remise en question de l’autorité. Elles prennent leur temps. Elles travaillent sur des siècles. Elles envoient leurs enfants à la prêtrise. Elles accompagnent le diable. L’Église devrait regarder à leurs messages de bien plus prêt au lieu de se tirer une balle dans le pied en les acceptant.

Oui, je suis fatigué de ces constantes attaques contre les prêtres de l’Église autorisées par l’Eglise elle-même. S’il y en a qui chutent, une minorité, souvent de gauche, progressiste, cela ne justifie en rien que l’ensemble de l’institution soit combattue. Notre état laïc si prompt à jeter la pierre à notre très sainte Eglise, ne remet jamais en question l’éducation nationale où les pervers y sont pourtant bien plus nombreux. Tous les hypocrites de cette espèce devraient balayer la poutre qu’ils ont dans l’oeil avant de regarder la paille qui est dans celle de l’Église. La perfidie atteint des sommets quand l’attaque vient de l’intérieur, du fait de femmes qui devraient prendre exemple sur les saintes Thérèse plutôt que sur les chamanes pré-christiques.

Au lieu d’attaquer nos prêtres, nous ferions bien de nous mettre en chemin de les soutenir. Au lieu de nous gargariser d’être meilleurs qu’eux à travers ces croyances erronées en des apparitions douteuses, nous ferions bien de nous remettre en question, nous et notre comportement. Car lorsque nous ne le faisons pas, nous sommes occasion de chute pour nos prêtres. S’ils se sentaient aimés, ils auraient moins la tentation d’aller se faire aimer de manière inappropriée auprès d’une femme ou en abusant d’enfants. 

Or que vois-je de nos jours ? Les mêmes laïcs qui obéissaient aveuglément aux prêtres hier, sont les mêmes qui ne les aiment plus de nos jours. Désormais, ils se sentent obligés de se croire aussi bons que leur guide, voire meilleurs !!! Ils n’ont rien donné à Dieu si ce n’est quelques piécettes le dimanche, ou quelques prières qui répondent à leur intérêt, souvent matériel, et ils ont la prétention de donner des leçons à des individus qui ont accepté un appel à la vocation, un don total de leur personne, venu d’en haut. Infâmes pourceaux qui se plaignent de la crise de l’autorité, et qui l’encouragent en dénigrant le prêtre. Sachez vous que le pire des prêtres pédomaltraitant et assassin, vaut mieux que vous ? parce que vous êtes son corollaire ?

Vous ne voulez pas l’aimer ce prêtre pour des raisons toutes plus douteuses les unes que les autres. Par orgueil d’abord, parce que vous vous croyez au-dessus de lui. Ensuite pour éviter d’avoir à obéir à une autorité illégitime, parce que vous êtes lâches. Si vous voyiez un prêtre mal agir, à qui vous auriez donné autorité, vous n’auriez pas le courage de vous opposer à cette autorité sociale. Votre dieu c’est la société, comme il l’était hier quand des représentants abusaient de leur pouvoir social protégés par votre silence. Voilà pourquoi vous préférez lui dénier toute autorité. Ainsi, vous pensez supprimer le problème, en ayant supprimé la question. Ce repli moral est à mettre en parallèle avec le repli spirituel marial. Ô la bonne petite religion personnelle qu’on se construit à l’abri du monde, en s’éloignant de lui le plus possible, pour éviter d’avoir à l’affronter. Dans les jupes de Marie qu’il y fait chaud, qu’on est bien abreuvé du lait de maman. Dans ces jupes, le reste du monde, c’est des cons. Et le prêtre peut bien faire ce qu’il veut, à partir du moment où il nous laisse faire ce qu’il veut, pas de problèmes. Mais dès lors qu’il a la prétention de diriger, de décider, une armée d’orgueilleux lui sautent dessus. Lui même devant tant d’attaques, est poussé à se replier sur son chapelet. La boucle est bouclée. Personne n’est plus adulte dans notre Eglise.

La confusion née de ces prophéties mariales, ne concerne pas seulement les prêtres, mais tous les catholiques à travers les appels à la rédemption collective. Comme si nous étions tributaires des choix des autres, comme si nous n’avions pas déjà fort à faire avec nous-mêmes, pour nous améliorer. Non, il faut encore que nous prions pour les plaies réelles ou imaginaires, qui ont été infligées à notre Seigneur Jésus par d’autres, préférentiellement les prêtres bien entendu. Nous nous plaçons ainsi en sauveurs du monde ! Le Sauveur n’est plus Jésus, mais nous, qui par nos prières, allons réparer le monde. Essaie déjà de réparer ton âme infâme pourceau, avant d’avoir la prétention de réparer celle des autres et du monde. Des pauvres, nous en aurons toujours. Mais combien passons-nous de temps à aimer notre prochain au lieu de le dénigrer à travers de telles prophéties, ou bien à nous occuper des pauvres pour éviter d’avoir à aimer ? Ah oui, nous faisons de l’occupationnel, nous gérons des associations, nous accueillons des immigrés, nous distribuons de la nourriture, nous prions pour la fin de la guerre et de la famine dans le monde, nous organisons même l’Église. Et combien de temps passons-nous à aimer ? Des cymbales retentissantes oui, qui s’agitent, qui claironnent, qui retentissent, qui me font mal aux oreilles. Chantez avec votre coeur infâmes pourceaux, au lieu de vous comporter en cymbales retentissantes, et vous commencerez à aimer. Mais cet appel du coeur vous terrifie. Il vaut mieux chanter juste et tout bas, animé par la peur du regard de l’autre, de son propre jugement, toujours ce dieu social… Car quand vous jugez le monde ainsi, c’est vous que vous jugez. Vous vous confinez au silence parce que vous avez jugé le chant du coeur de l’autre. Là encore, vous préférez vous considérer comme meilleurs, dans le silence et le repli. Affrontez le regard de la communauté, chantez avec votre coeur, sans peur d’être jugé, et je croirai en votre amour.

Où est le coeur dans notre Eglise qui parle tant d’amour ? Il est occupé à distinguer les signes de la fin du temps à travers de prophéties flatteuses, pour mieux éviter d’avoir à affronter les temps présents. Car oui, vous savez ce qui va arriver, vous. Vous savez ce que Dieu veut vraiment. Inutile de combattre, l’antéchrist est là. En vérité, vous le faites gagner tous les jours cet antéchrist en lui laissant toute la place. Dans notre Eglise actuelle, nous oscillons entre laisser le monde à lui-même et établir un paradis sur terre. Deux attitudes toutes aussi délirantes l’une que l’autre, toutes aussi prétentieuses, irréalistes et contre productives.

Et puis les pénitences, les pénitences, l’inévitable victoire du mal dans nos vies, l’art d’être mal pour mieux se déculpabiliser d’exister. Ne savez-vous pas que vous êtes une pierre précieuse pour Dieu ? La plus précieuse de toute ? Et qu’une pierre précieuse à d’autres objectifs à remplir que de se cacher et de se noircir ? Vous devez briller infâmes pourceaux, vous devez resplendir, et si des cailloux remplissent vos chaussures et vous empêchent de marcher, vous devez vous arrêter et vider vos chaussures. Si vous marchez vers le néant, vous devez changer de direction et aller à la lumière. Une confession par an, c’est pas du luxe pour retrouver un peu de force et de joie de vivre.

Mais revenons en à ces apparitions approuvées par notre Eglise, car voilà que je m’emporte. notre-dame du bon succès à quito (équateur, 1584-1634) prophétise une grave crise du clergé aux XIXe-XXe siècles : « Le sacrement de l’Ordre sera ridiculisé, opprimé et méprisé… Le démon travaillera avec une cruauté subtile pour dévier les prêtres de leur vocation et en corrompre beaucoup… Ces prêtres dépravés scandaliseront le peuple chrétien. » Tout à fait vrai. Notre Dame a seulement oublié de dire que c’était une constante à travers les siècles et que le 19ème ou le 20ème, très marials, n’allaient pas y échapper. A moins qu’elle ait voulu dénoncer les dévotions mariales généralisées dans la prêtrise de cette époque…

A Paray-le-Monial entre 1673 et 1675, sainte Marguerite-Marie Alacoque a reçu les apparitions de Jésus et du Sacré-Cœur. Elle dénonce les hommes d’Eglise dont « leurs cœurs étant vides de charité, il ne leur reste plus que le nom de religieux. » Plus loin ; « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes […] et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. » Heureusement, contre ceux-là, maman Marie retient le bras vengeur de son vilain Fils qui ne sait pas ce qu’Il doit faire : « Aussi, lui dit-il, ce sont ces membres à demi pourris et prêts à être coupés qui me causent de si grandes douleurs, et dont ils auraient déjà reçu leurs châtiments sans la dévotion qu’ils ont à ma sainte Mère, qui apaise ma justice irritée, et qui ne peut l’être que par le sacrifice d’une victime. »

Le retour du sacrifice pré christique est entériné. Jésus ne sera « calmé » que par le sacrifice de Marie Alacoque, d’une personne humaine. Le sacrifice de Jésus se retourne alors contre l’humanité selon son mode de pensée où une victime humaine doit toujours être sacrifiée pour apaiser la colère d’un Jésus vengeur. La pensée janséniste n’est pas loin. Le message de Jésus s’oppose ici aussi, aux Evangiles qui affirment que Jésus ne réapparaîtra plus jusqu’à la venue du jugement dernier. Malheureusement, Marie est si peu citée dans les Evangiles, que les auteurs n’ont pas cru bon de le préciser aussi pour Elle.

1846 et 1879 à la salette. Selon deux jeunes bergers, Mélanie Calvat (âgée de 14-15 ans) et Maximin Giraud (11 ans), le monde va être détruit d’ici 100 ans, surtout paris et marseilles. Nous attendons toujours. Pendant ce temps le dénigrement des prêtres est général. Mélanie Calvat dénonce violemment : « Les prêtres, (qui) par leur mauvaise vie, leur irrévérence et leur impiété dans la célébration des saints mystères, par leur amour de l’argent, des honneurs et des plaisirs, sont devenus des cloques d’impureté. » Marie annonce des châtiments si les prêtres ne se convertissent pas. Evidemment. Et des catholiques continuent à péleriner dans ce coin.

Dans les milieux traditionalistes, la révélation du 3ème secret lors des apparitions de Fatima de 1917, aurait été incomplète. Ils y rajoutent : « Les pasteurs de l’Église manqueront gravement à leurs devoirs… À cause de leur faute, les âmes consacrées et les fidèles se laisseront séduire en grand nombre… Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères… L’Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis… »

Comme si cela n’avait pas été toujours la situation des prêtres au sein de l’Église. L’Église a toujours été déchirée par des opinions et des hérésies contraires à la vraie foi. Qu’est-ce que ce genre de phrase sinon appuyer sur la division au lieu de s’atteler à rechercher la vérité ?

Plus encore, ces prophéties de Fatima se sont révélées fausses ou inutiles.

A Garabandal en Espagne, 1961-1965, un message non approuvé par l’Église, mais il vaut mieux prévenir que guérir, dit de manière explicite que : « Beaucoup de cardinaux, d’évêques et de prêtres sont sur le chemin de la perdition et entraînent avec eux un grand nombre d’âmes… L’Eucharistie est chaque jour plus maltraitée. » Nous voilà bien avancés. J’aimerais plutôt  voir un de ces diocésains mariaux réagir lorsque le Corps du Christ est profané par un touriste en pleine célébration que d’entendre ce genre de phrases. Heureusement les touristes du dimanche s’éloignent de plus en plus de l’Eglise, et nous voyons, au contraire, une ferveur nouvelle renaître.  

A Akita au Japon en 1973, l’évêque local approuve ce message : « Cardinaux contre cardinaux, évêques contre évêques, prêtres contre prêtres… L’Église sera remplie de ceux qui acceptent des compromis… Le démon s’infiltrera même dans l’Église de telle sorte que l’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux… » Là encore, cela a toujours été le cas. Qu’importe de le dire sinon de faire croire que la division est récente, qu’elle n’est pas un mal plus structurel de l’humanité, même ecclésiale ? Et de détourner ainsi les énergies dans des combats stériles ?

A Medjugorje, en 1981-1982, la crise éclate entre les jeunes voyants, leurs accompagnateurs franciscains et le clergé diocésain. La Vierge aurait demandé aux franciscains de « rester à leur poste » malgré les sanctions de l’évêque. « L’évêque est coupable du désordre en Herzégovine. » L’Evêque très favorable aux apparitions, y devient soudainement réfractaire. Toute cette affaire empeste les querelles de clochers, habituelles au sein de l’Église entre les monastères et les Evêchés. Il n’en reste pas moins que ces prophéties sont facteurs de dissension et de remise en question de l’autorité ecclésiale.

***

L’Église dans sa sagesse, distingue les bienfaits de telles « apparitions », du message lui-même. Elle fait bien. Beaucoup de croyants entretiennent leur foi par ce genre de pèlerinage. Mais les fruits n’en sont pas toujours aussi positifs que d’aucuns se l’imaginent. Beaucoup de croyants se perdent à chercher ce qui est déjà révélé dans les Evangiles, et qui est déjà bien assez complexe à analyser.

Ces apparitions semblent survenir à des moments de crise et intégrer une réponse bien humaine à des problématiques contemporaines, c’est à dire une réponse qui conforte les croyances des temps présents. Marie Alacoque semble pétrie d’une volonté de repentir jusqu’à la flagellation personnelle. Les apparitions mariales de la fin du 19ème, début du 20ème, semblent en appeler à une douceur toute maternelle face à un monde qui se déchristianise. Comme si le retour à la mère, pouvait être une solution théologique dans le christianisme (ou ailleurs)…

Le retour à un combat personnel et à une élévation dans l’affirmation publique de la Foi, une affirmation soucieuse des mécréants, devrait redevenir notre objectif. Oui, nous l’attendons cette fin des temps, cette apocalypse. Oui nous prions pour rejoindre l’autre monde avant de tomber en état de péché mortel. Mais nous devons surtout agir comme Dieu l’exige et tenter de cheminer au mieux avec la croix qui est la nôtre, sans en confier le poids à des menteuses. 


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