Combattre l’hystérie masculine, et accessoirement féminine

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Selon un article du cairn, l’individu hystérique peut très bien vivre avec sa maladie. Mais quid de la société, et de la souffrance qu’elle engendre pour l’individu ? Il y a des maladies sociales et des maladies individuelles. Les unes entretiennent les autres. Traiter les unes, c’est traiter les autres, ce à quoi je me propose de contribuer ici même. Car je crois surtout au travail de la conscience, et il me paraît particulièrement approprié pour ce genre de maladie puisque les hystériques auraient en moyenne, un QI supérieur à la moyenne.

En l’occurrence, l’hystérie m’apparaît comme une source de souffrance répandue à notre époque. Les individus touchés développent rarement des formes graves. J’ai plutôt l’impression d’un bain hystérique très répandu, et qui nous pose problème en occident. Pas exactement de cette hystérie que Charcot décrivait avec ses mouvements identifiables et extrêmes, mais une hystérie latente, une sorte de fonctionnement social et individuel à la fois.

Dans cet autre article du cairn, la vulgarisation sociale du terme « d’hystérie » est un reproche adressé à des individus accusés de vouloir refuser la réflexion sur eux-mêmes. Au contraire, j’y vois là une lutte intérieure permise par l’accusation sociale. Accuser la société, c’est pouvoir se reprocher ses propres défauts, et les combattre indirectement, inconsciemment. Combien de fois ai-je remarqué cette condamnation de la pédomaltraitance, chez des individus tentés par l’abus ? Chez ceux là, la vie règne encore en maître et les empêche de commettre l’irréparable. En matière d’hystérie ou de tout autre sujet, les individus utilisent la condamnation orale pour ériger un tabou social dans les discussions, qui mettra des limites à leurs mauvais désirs. Comment pourrait-on le leur reprocher ?

Ainsi la vulgarisation du terme « d’hystérie » peut devenir un moyen pour les individus d’accéder à une connaissance psychologique cachée, qu’ils sentent sans pouvoir mettre des mots dessus. Ils sentent qu’ils sont hystériques, mais ils ne peuvent pas l’admettre. Car cela blesserait de trop leur ego fragile. Par contre, ils peuvent dénoncer l’hystérie ambiante et s’attaquer ainsi à la leur.

 

Mais qu’est-ce que l’hystérie finalement ?

Sans vouloir trop entrer sur des considérations quant à son origine, j’aimerais la définir simplement comme un refuge dans un monde alternatif, un décalage avec un réel trop dur à supporter pour l’individu. Le monde est pourri, mais il est plein de séries télévisées. Voilà exactement, et pour beaucoup, ce que nous vivons dans notre modernité. Désarmés face à la réalité, des millions d’individus se créent un fantasme alternatif d’existence heureuse. La fiction joue toujours son rôle de médiation positive qui permet d’enrichir l’imaginaire et d’affronter le monde, mais elle est aussi exhortation sociale, ou sucrerie. La sexualité et les relations humaines y sont vécues par procuration. Et des millions d’individus s’accordent les uns aux autres pour adopter les codes qu’ils ont vus dans ces séries télévisés. Les courants musicaux ont pu jouer un rôle similaire à une époque un peu plus reculée. Désormais, les jeux vidéos et netflix nourrissent la bête. Beaucoup de personnes vivent des émotions extraordinaires par écrans interposés, mais jamais dans la réalité, qui leur échappe de plus en plus.

J’ai remarqué un phénomène encore plus troublant : les personnes ne s’abordent pour ce qu’elles sont mais pour ce qu’elles représentent, voire elles n’arrivent plus à s’aborder. Je m’entends, il y a toujours eu cette tendance à juger d’un individu sur sa réussite sociale. Dans le prolongement de ce mouvement, les individus de notre modernité s’abordent par des codes fantasmatiques qui leur ont été transmis par des fictions, et constatant leur maladresse, finissent par abandonner.

La masturbation procède de ce mouvement dans la sexualité. Pourtant, même lorsqu’elle est dépassée et qu’une relation sexuelle a lieu, certains individus appliquent les codes qu’ils ont reçus du porno dans le lit. Les hommes imaginent devoir faire jouir une femme comme ceci ou cela, et les femmes attirer les hommes en adoptant tel ou tel comportement. Le fantasme prend le pas sur la réalité des individus qui ne se rencontrent plus, alors qu’ils ont une relation intime. Parfois ils sont même en couple.

Il est vrai qu’il nous est impossible d’accéder à la réalité, notamment de l’autre. Elle est trop complexe. Nous ne réussissons même pas à accéder à la nôtre… Il est vrai aussi que la fiction permet d’enrichir l’imaginaire. Mais à quel moment devient-elle un frein à la rencontre ? Comme je l’ai expérimenté, lorsque l’imaginaire devient existence autonome et préférentielle.

Je me rappelle d’un vieux documentaire sur les affreux masculinistes outre atlantique. A la fin, la journaliste avait posé cette question simple et intéressante à la fois au chef de la bande : « Si vous aviez un seul conseil à donner aux hommes, quel serait-il ? » Il avait répondu « arrêter la masturbation ». A l’époque, je m’étais rangé du côté de la journaliste qui avait retenu cette réponse certainement pour appuyer sur la bizarrerie de ce mouvement. Depuis, j’ai évolué dans le même sens que cet homme. La masturbation a été promue par la société, et au moins tolérée, pour la raison évidente que toute notre société a été complaisante envers l’hystérie et l’a favorisée secrètement. La masturbation n’est pas anodine, loin de là. Elle a écarté les hommes du monde réel, et a laissé toute place à des femmes fantasmées et surpuissantes. Elle est un élément essentiel pour comprendre la perméabilité des hommes aux femmes dans nos sociétés occidentales. Elle est aussi la raison pour laquelle le porno, la prostitution, voire l’immigration de masse, sont tolérés.

Le porno asservit la psyché masculine aux femmes parce qu’il débouche souvent sur une masturbation. La prostitution est une forme de masturbation un peu plus évoluée, mais pas tellement. L’immigration de masse, c’est le fantasme qu’un autre, va féconder notre monde, car nous ne sommes plus capables de le faire nous-mêmes, hommes de ce pays, ou que nous ne le voulons plus, ou que nous ne pouvons plus l’empêcher. Elle ne peut être acceptée que dans un pays dont les hommes se masturbent beaucoup trop. Les femmes quant à elles, rêveront toujours d’être convoitées et d’exciter la concurrence sexuelle entre hommes, ce à quoi l’immigration de masse répond. Le féminisme anti-immigrés est apparu très tard, alors que le fantasme exotique ne pouvait plus coller à une réalité qui s’imposait de toute part. Il est aussi une tentative de rééducation de la population immigrée, pas une opposition politique réelle à l’immigration de masse en tant que principe de direction de la collectivité.

Branleur, l’homme est livré pieds et poings liés à la femme, surtout en couple. Certes, il risque toujours de manquer la cible et de ne pas satisfaire aux désirs de sa dame. Cependant, plus il prend conscience de sa réalité d’homme médiocre, plus il doit reconnaître l’importance de sa femme qui le ramène à la réalité. Il n’ a plus d’autonomie. N’ayant pas conquis la sienne, il est d’autant plus asservi à sa femme qu’elle maîtrise naturellement mieux les sentiments et qu’il découvre au cours de son existence que le monde n’est pas fait que de mécanique, et de logique rationnelle. Il redevient alors comme un enfant.

Etonnamment, la femme est pour nous hommes, celle qui nous fait fantasmer, qui provoque volontairement le fantasme, mais qui nous ramène aussi à la réalité. Réduire la distance est ici essentiel. Tant que nous ne réussissons pas à nous approcher d’une femme, c’est à dire accepter sa nature réelle, nous restons dans un imaginaire stérile. Il faut avoir vu la queue de Mélusine et l’avoir acceptée avant de pouvoir parler d’amour.

L’homme célibataire esclave de la masturbation, ne peut pas se perpétuer. Il n’a pas de fécondité. Toute son énergie va vers sa psyché au lieu d’aller vers une femme particulière, car en vérité, il n’est pas capable d’assumer ses désirs dans le monde. En se masturbant, il se dit qu’il le peut, puisqu’il le peut déjà dans sa tête. Devant une femme réelle, le voilà complètement impuissant, voire sans désir et apeuré.

Mais l’homme célibataire libre de la masturbation a au contraire, la capacité de conquérir une liberté que bien peu d’hommes mariés peuvent espérer. Voilà entre autre comment les ermites et autres moines ont pu acquérir une science de la vie supérieure à celle des hommes mariés, lorsqu’ils eurent conquis cette distance d’avec leurs pulsions sexuelles.

Ce décalage avec la réalité, quand il existe, est aussi perceptible dans les débats que nous avons. L’homme de droite rêve de guerre civile. L’homme de gauche de grand soir. Ca résoudra tous les problèmes ! Regardez un débat sur la laïcité en france. Nous en sommes arrivés à ne plus vouloir tolérer aucune manifestation du religieux dans la rue. Mais sur internet, qui est un espace public identique, là, tout est permis sans que cela ne choque personne. Nous fantasmons ainsi un monde où toutes les personnes de toutes les religions pourraient se parler, et être en contact les unes avec les autres. Mais dans la réalité physique, nous ne savons pas l’accepter, car cela nous ramène à « l’enfer des autres ».

En ce sens, toute idéologie est une forme d’hystérie politique, le communisme, comme le socialisme national ou international, comme le féminisme, comme le laïcisme et tous les mots en « isme ». Toute idéologie est un fantasme du monde qui ne recoupe qu’une toute petite partie de la réalité. Voilà pourquoi encore, les idéologies ont tendance à se transformer en croyances puis en religions, dans un mouvement immanent. Le religion vient de Dieu. Elle bouleverse l’humain. A l’opposé, l’idéologie le rassure et vient de sa volonté de se réassurer.

Je ne dis pas que tous les croyants catholiques sont exempts d’idéologie. Je dis que la religion catholique est le mouvement à l’exact opposé de l’idéologie. Et que cette dernière est à combattre.

Hystérie, idéologie, fictions rassurantes, masturbation, déni de l’altérité et du réel, toutes ces acceptions forment un agrégat d’idées cohérentes entre elles, qui ne sont pas encore folies, mais dérèglement. Je sais bien qu’il y a des altérations de la réalité autres, et qui vont jusqu’à la folie. J’ai voulu parler ici de cette sorte d’altération qui nous est plus commune.

Mais surtout j’ai voulu avertir de son danger. La masturbation n’est pas anodine et ceci parce que celui qui la pratique est incapable de construire sa vie sur un socle solide. Et il en souffre. Il voudrait vivre une autre vie qu’il ne peut pas investir, et il ne sait pas pourquoi. Au lieu de construire une relation de couple stable, il s’échappe dans un monde parallèle, il se donne des excuses, parfois avec d’autres pour se rassurer, parfois avec une femme. Il imagine une excitation qui n’est rien, et qui le salit. Pour lui, cette excitation est tout. Elle explique le monde. S’il allait vers une femme, il comprendrait au moins que cette excitation n’était rien. Mais le plus souvent, il évite l’affrontement, avec lui-même, par faiblesse. Et comme les femmes passent leur temps à éviter les hommes qui les désirent pour avoir du pouvoir sur eux…

Jusque là, j’ai essentiellement parlé de l’hystérie masculine. Qu’en est-il de celle des femmes ? Leur déni du réel s’exprime autrement. Elles cherchent un homme hystérique sans jamais pouvoir l’atteindre. Et l’homme hystérique sent que la relation n’est pas viable avec l’une de celles-là. Leur relation toujours impossible se nourrit de l’incompréhension mutuelle et des désirs de libération communs. Elles sont de ces femmes qui ont fantasmé un père absent, et fantasment désormais un partenaire parfait. Elles sont celles qui investissent toute leur énergie en dehors de la famille et des relations sentimentales, alors qu’elles ne se réaliseraient que dans celles là. Elles sont celles qui crient à l’assemblée nationale mais qui entendent bien empêcher les hommes de faire de même. Elles sont ces femmes intéressantes et faussement passionnées qui seront toujours malheureuses, et qui feront toujours moins bien qu’un homme mais qui ne l’accepteront jamais, exception faite de Camille Claudel pour le talent. Et j’en passe.

La femme hystérique cherche des règles et des limites qu’elle espère trouver dans l’homme hystérique, des règles et des limites qui lui ont été mal transmises par les hommes de sa famille, principalement son père. Elle veut être tout, et sera finalement rien.

L’hystérie est encore plus inscrite chez la femme que chez l’homme, parce qu’en un sens, la femme incarne le fantasme tout au long de son existence. Jeune, elle cherche à être cette petite fille modèle. Femme, elle veut être fatale. Grand-mère, elle devient souvent, par la force des choses et de sa science, matriarche. La femme est fantasme, mais ce fantasme risque toujours de l’emporter, raison pour laquelle elle a besoin des hommes et de leurs limites. De même, elles ont besoin des limites sociales, et des limites qu’elles se fixent entre elles, par la morale. Une femme, ça s’empêche.

Sans limite, la femme va jusqu’à devenir infanticide. En un sens, nos contemporains ont raison de ne pas reprocher aux femmes leurs très nombreux infanticides, même s’ils le font pour de mauvaises raisons (irresponsabilité de la femme ou méchanceté supposée du géniteur). La responsabilité en incombe aux hommes qui doivent ériger des limites. Car jamais les femmes ne sauront les décréter à profit pour la société ou pour elles-mêmes. Tout sera toujours relatif pour elles. Le nombre d’infanticides par avortement en france, au moment même où nous connaissons un mouvement de stérilité croissante, ne le prouve que trop. Dans la justice féminisée, les condamnations deviennent très aléatoires, décidées au ressenti, à la haine que l’on suppose chez l’accusé, ou à son niveau d’excuses sociales et familiales qu’il peut présenter. Elles sont impitoyables pour les hommes faibles intégrés socialement, censés pour les femmes, respecter et faire respecter la loi. Elles sont pleines de mansuétude pour le fort, qui les attire, et qui peut se moquer des lois. Et tout cela dans un nuancier qu’aucun homme ne pourra jamais comprendre pleinement. Elles tuent leurs enfants ou les laissent vivre, indifféremment, selon leur intérêt et leur perception du monde.

L’homme peut laisser une femme tuer des enfants par jouissance et non par hystérie. Elle incarne alors la mère toute puissante, qui peut et doit tout. Il y a même des hommes catholiques contre l’infanticide par avortement, qui voient dans leur lutte, une manière d’imposer à la société l’image idyllique qu’ils se font de leur mère. Au contraire, l’hystérie d’un homme, et qui lui fait idéaliser la femme en tout point, est durement touchée lorsqu’il rencontre la réalité infanticide de la mère. Cette dernière ne peut coller au fantasme qu’il s’en fait. Et la féministe qui lutte contre cet homme conscient, sait pourtant intérieurement, que cet homme lui rend service. Elle ne peut s’empêcher de le désirer dans son hystérie. Tous se trompent, exception faite de l’homme hystérique quand il entend rétablir le tabou de l’assassinat dans notre société, de l’homme perméable à sa mère quand il lute contre ce même infanticide pour de mauvaises raisons, et de la féministe quand elle entend être brisée.

Du sexe partout, mais une sexualité nulle part. De grandes idées, sans aucun vécu. De belles histoires qui nous empêchent d’être constructeurs de notre réalité. Un surinvestissement dans le mensonge. Des fantasmes impossibles à réaliser sans détruire l’imagination. L’hystérie masculine est un gros problème pour l’homme et pour notre société.

 

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