Pauline, convertie à l’islam, nous parle de son expérience du voile

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Je suis ingénieure de formation et je suis issue d’une famille catholique. Originaire du nord, je suis marquée ethniquement parlant. J’ai la peau blanche, pour ainsi dire diaphane, de longs cheveux roux et bouclés, une génétique qui vient de loin en somme !

Pourquoi cette description physique me direz-vous ? Peut-être parce que j’ai envie de vous dire que voilée, j’assume mon corps en tant que femme. Je ne me sens pas la victime d’un système d’oppression patriarcal. Au contraire. Je ne me suis jamais autant sentie aussi indépendante, dominante et accomplie, depuis ma conversion, pleine d’empowerment diraient les féministes !

Je sais aussi que vous ne voulez pas entendre ce qui va suivre. Il faut que vous compreniez pourtant quel est l’écart qui nous sépare, et quelle est votre responsabilité dans cet écart. Que je vous explique, mon but n’est pas de vous culpabiliser. J’insiste sur ce point. Je voudrais juste que vous compreniez que le hasard n’a rien à voir dans mes choix parce que je n’étais pas si différente de vous. Les fautes que vous avez commises, je les ai commises moi-aussi.

C’est un point sur lequel je voudrais encore insister. Je n’ai pas changé de rôle depuis que j’ai volontairement pris le voile. Je ne suis pas une femme différente de celle du passé dans le nord. J’estime plutôt que la société française s’est éloignée de ma tradition. Elle a abandonné ce qu’elle était. En la suivant, vous tentez d’inventer une société nouvelle. Cette dernière ne m’a rien apporté. Et en étudiant l’histoire, j’ai même envie de dire qu’elle n’a jamais fonctionné, nulle part dans le monde, à aucune époque.

J’ai vécu parmi vous. Je suis des vôtres. Je vous connais plus que vous ne le pensez. Je suis issue d’une famille d’agriculteurs. J’ai été baptisée. J’ai reçu la communion. J’ai fréquenté les grands repas de famille, les grandes tablées avec du vin et les réjouissances qui accompagnaient les retrouvailles entre cousins. Vous ne pouvez pas écarter mes réflexions sous prétexte que je serais une Maghrébine qui jugerait de l’extérieur un phénomène qui lui est étranger. Je ne le suis pas.

Pourtant, si je vous parle de pudeur, je sais que vous allez avoir un mouvement de retrait. Tout au moins, allez vous me réduire à une victime d’une morale religieuse passéiste et étrangère. Mais vous seriez loin du compte en réfléchissant ainsi. La pudeur, uhm… Je suis désormais mariée avec un Algérien et enceinte de lui. Si vous voulez savoir ce que je pense de la pudeur, je n’en ai aucune avec lui. Il peut faire ce qu’il veut de mon corps. Plus généralement, je lui suis soumise. Je remplis mes devoirs de femme avec plaisir, mon devoir conjugal notamment. Comment votre loi a-t-elle pu récemment appeler ce devoir conjugal un « viol » ? Dernièrement, la loi française a entériné ce principe fou qu’un mariage n’avait pas pour but l’union des corps. A quoi peut mener la licence la plus complète !

Mais je ne voulais pas en venir là. Je voulais seulement vous faire remarquer que vous aviez abandonné ici une pratique multi millénaire qui était le fondement de notre civilisation, et à vrai dire, de toutes les civilisations : le devoir conjugal. Il ne faudrait pas reprocher à des personnes comme moi de m’écarter de la norme. C’est vous qui avez fabriqué une nouvelle norme sortie de nulle part, qui n’a aucun sens puis qui reprochez à des personnes comme moi de ne pas vouloir s’intégrer. C’est vous qui m’avez exclue de la société par votre libéralisme.

Je voudrais encore insister en matière de pudeur, ou plutôt de ce qu’elle n’est pas. La pudeur, c’est pas divulguer les images intimes d’un couple sur le net sans le consentement de la femme. J’ai connu ce genre d’impudeur, cet espèce de viol dont votre société est si friande. Mon corps a été exposé au vu de tous par mon ancien petit ami et sans mon consentement. Voilà ce que votre société a permis. Bien entendu, elle a permis aussi le retrait des images… après qu’elles aient été téléchargées des millions de fois probablement.

Cela fait rire. Cela est excitant. Il n’y a pas eu mort de femme. Il y a eu seulement mort de civilisation, cassure de la confiance. Combien de temps à votre avis, met-on pour se remettre de ce genre d’expérience, si on s’en remet jamais ? Alors oui, la loi punit… mais elle n’éduque pas, elle n’empêche pas. J’estime même que par sa licence, la société a autorisé ce viol. Voilà en quoi mon cas n’est pas particulier. Car je le sais, je vous fais un aveu et vous le transformerez en charge contre moi : « la pauvre, elle a vécu quelque chose d’atroce, d’unique, d’exceptionnel, cela explique sa conversion. » Absolument pas ! Cet incident m’a juste ouvert les yeux sur un système.

Vos féministes n’ont que « système patriarcal » à la bouche ? Pensent-elles sérieusement qu’un homme digne de ce nom, un père, ait envie de voir sa femme, sa fille, dans une séquence pornographique ? Sont-ce vraiment les hommes virils qui ont construit cette société pornographique, ou bien, des hommes complètement dégénérés qui ne savent plus quel est leur rôle ? Je penche pour la deuxième explication. Je ne vois pas mon mari actuel chercher à me prostituer, ni moi, ni les enfants que j’aurai de lui. Par contre, une société où les femmes règnent, où les enfants sont éduqués sans père, où les fils n’ont pas de repères sauf ceux de leur mère, cette société là, je la crois capable de tous les abus, de toutes les déviances, de toutes les dégénérescences. Je l’en crois capable, car je l’ai vue les commettre. Je ne suis pas un cas isolé, une victime du hasard qui devrait endosser le rôle de marginale. J’ai compris à partir de mon histoire, combien l’impudeur était répandue dans notre civilisation, combien elle fonctionnait d’impudeur. A tel point que j’ai l’impression parfois que vous ne vous en apercevez même plus.

Pour essayer de vous faire voir à travers mes yeux, je ne vais pas prendre l’exemple de la petite prostituée des rues, qui croit devoir aguicher tous les hommes pour les ramener à l’état de bêtes afin de les contrôler, tout en appelant cela « civilisation ». Ce serait trop facile. L’impudeur est évidente avec elle et semble si naturelle que je n’ai pas envie de me battre contre ce genre de moulins à vent ridicule . Non, je vais élever le débat. Je vais prendre l’exemple d’une personne de votre culture, traditionnelle, catholique, et je vais vous montrer comment l’impudeur a gagné même chez elle.

Elle s’appelle Gabrielle Cluzel. Elle écrit bien. Elle est de droite, catholique. Et comme bon nombre de personnes à droite, elle s’est offusquée dans un article récent (nde : « La coiffe bretonne, un voile islamique comme les autres ? »), que le voile islamique ait pu être comparé aux coiffes bretonnes. Elle nous explique en somme qu’il n’y aurait aucun lien entre les fichus de nos grand-mères, les coiffes bretonnes, le voile de la mariée, ou le serre-tête des jeunes filles du passé, et le voile islamique. Il y en a pourtant un. Celui-ci s’appelle « pudeur ».

Que les coiffes aient eu des aspects excentriques et impudiques, c’est vrai. Mais elles définissaient la femme et la conception qu’elles se faisaient de leur nudité. Sans, elles étaient nues. Avec, elles étaient habillées.

Dans toutes les cultures du monde entier, hommes et femmes ont cultivé des codes pour séparer le cru du cuit, grâce à des signes vestimentaires notamment. Des femmes à moitié nues avec leurs boucles d’oreilles sont encore considérées de nos jours comme habillées, si la tribu à laquelle elles appartiennent le veut ainsi. Et dans notre culture occidentale, je tiens à insister « occidentale », la coiffe et le fichu, deux genre de voiles à leur manière, distinguaient les femmes habillées des femmes nues, et séparaient le profane du sacré. Les femmes qui ont détruit ce genre de symboles, se sont attaquées à la religion. Les femmes en occident ont abandonné ce genre de distinction par haine du sacré en vérité. Et cette haine est de nos jours défendue par une femme, catholique, et traditionnelle de surcroît. C’est vous dire à quel point l’impudeur a gagné chez nous. Celle qui devrait rappeler le sens sacré du vêtement, encourage la prostitution. Et je ne vous parle même pas de la signification du fichu et des coiffes pour nos grands-mères qui ont grandement à voir avec leur soumission sociale aux hommes, leur pudeur, ou leur relation à Dieu.

Si nos grands-mères se sont affirmées, et avaient du caractère, plus que les femmes de nos jours, elles ne l’auraient jamais fait contre les hommes, et en abolissant les distinctions entre les sexes. Plus encore, les périodes mises en avant par Mme Cluzel pour leur reconnaissance des femmes, ressemblent à s’y méprendre à des époques de décadence ou à des pis aller, fin du moyen âge etc… Mme Cluzel ne défendrait-elle pas là son petit commerce plutôt ?

A son corps défendant, certaines femmes ont cru pouvoir conjuguer cette soumission avec des formes esthétiques, et une forme de séduction donc. N’est-ce pas aussi le cas avec le voile islamique qui joue parfois sur certains codes pour parler aux hommes, tout en marquant la soumission de la femme à Dieu ? En cela ces vêtements traditionnels n’ont rien de différents. Femme soumise aux hommes par sa volonté de séduire à travers le voile, ou soumise à Dieu par le voile ou le fichu, la distinction est ténue. Elle se résout si nos hommes sont soumis à Dieu, et si nous cherchons à les attirer à cause de cette qualité. Mais je m’égare un peu.

Je voulais juste vous dire qu’avec mon voile, je suis bien plus proche de la culture occidentale traditionnelle que vos femmes ne le sont avec leurs strings.

Les Français désirent interdire le voile ? Ils s’attaquent à eux-mêmes et à leur propre culture. C’est de l’anthropophagie. Cette revendication est très significative de notre époque de déconstruction. La vraie réponse au laisser-aller, n’est pas encore plus de laisser-aller. La seule et unique vraie réponse est le voile islamique. Voilà pourquoi il va s’imposer. Les femmes raisonnables se soumettront. Elles engendreront des hommes forts qui les protégeront. Et nous retrouverons notre tradition.

La xénophobie de certains Français n’y changera rien. Pas plus que le laisser aller complet des mœurs. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Nous, musulmanes converties, sommes les seules à apporter une réponse spirituelle vraie aux êtres humains qui peuplent cette société. Peut-être dois-je ajouter à cela quelques catholiques, comme vous M Durandal. Ils sont tellement rares et tellement cachés. Leur faiblesse parle contre eux. Ils sont incapables de s’affirmer. Ils sont incapables de se coaliser. Parfois, ils gesticulent dans leur identité. En vérité, leur foi est faible. Ils sont devenus fades. On les jette à la rue. Au contraire, nous sommes le nouveau sel de cette terre. Dieu nous a bénis.

Ce sentiment de fierté, je le porte en marchant dans les rues du 93, le ventre gros, futur de cette nation. Personne ne me dérange en tant que jolie rouquine. J’ai droit au respect qui m’est dû en tant que mère. Ma soumission à mon mari m’a bénie. Elle m’a fait gagner en force spirituelle.

Par le passé, je n’étais pas meilleure que la pire d’entre vous. Je me comportais en prostituée. J’ai péché contre Allah avant de me convertir. Alors je voudrais maintenant m’adresser à toutes celles qui me ressemblaient. Votre prostitution ne vous rendra pas heureuse. Elle ne vous donnera pas la famille et l’autorité dont vous avez besoin. Vous ne trouverez pas cette autorité auprès de la communauté catholique, et encore moins dans le reste de la société.

Observez seulement une messe et les femmes qui y assistent. Observez leur insoumission et vous comprendrez. Quand à la rue, c’est carrément devenu la cours des miracles. La perdition s’y étale. Par le passé, j’ai vu des vidéos circuler sur le net critiquant les rues du 93, et leur africanisation, diffusées par des mouvements identitaires. Mais prenez le soin d’observez « vos » femmes lorsqu’elles se promènent dans « vos » rues, blanches avec leurs tatouages sur tout le corps, leurs cheveux dépareillés et de toutes les couleurs. Offrent-elles un spectacle de civilisation accomplie ? Et vous femmes, croyez-vous vous respecter ainsi ? Croyez-vous respecter votre corps ? Qui sont les hommes de vos familles qui ont laissé faire cela ? Qui sont les mères qui ont copulé avec de tels hommes ? Croyez-vous réellement que les rues du 93 soient pires ?

Avec vos cheveux au vent, vous affichez votre prostitution et votre insoumission envers Allah. Vous vous voulez indépendantes, mais vous manquez de toute forme d’assurance. En vous éloignant de vos hommes, vous avez prêté le flanc à la faiblesse. Vous vous en rapprocherez un peu en vous convertissant à l’Islam. Vous trouverez là des hommes honorables auprès desquels vous serez toutes heureuses d’obéir.

Je m’entends. Nos hommes ne sont pas parfaits loin de là. Mais ils n’ont pas pour ambition de nous prostituer. Et il leur reste une colonne vertébrale spirituelle. Je n’ai pas trouvé cela dans le reste de la société française.

Cher lecteur, j’espère dès lors que vous comprendrez mieux combien ce combat contre le voile n’a pas de sens. Il est inutile. Personne ne nous obligera à la prostitution.

Voilà ce qu’une femme faible et soumise à son homme, mais surtout à Allah, devait vous transmettre comme message. J’ai peur qu’il ne se perdre dans le bruit ambiant. Mais Dieu reconnaîtra les siens ! Votre silence même Lui rend le plus grand des services. Quant à s’y opposer… 


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