L’enfant parfait ne contribue pas pour peu à l’esprit de stérilité qui a gagné nos pays riches. Processus probablement inhérent à un désir de qualité qui pousse les individus aisés à vouloir du mieux en lieu et place du plus, poussé à l’extrême, il participe à tuer toute possibilité de reproduction. Le qualitatif est intimement lié au quantitatif. Ou pour le dire autrement, il faut toujours une quantité minimale pour qu’une qualité apparaisse. Ici, l’enfant isolé ou au milieu d’une petite famille, a tendance à subir une solitude qui le tire vers le bas, quand bien même il recevrait beaucoup plus d’attention de la part des adultes de son entourage que s’il était né au milieu d’une famille nombreuse. Sa montée en compétence scolaire s’accompagne d’un déclin de sa richesse affective. Il n’a pas à composer avec ses nombreux frères et sœurs, il n’apprend pas à partager, ni à se passer de ses parents, ni l’entraide, ni l’interdépendance, ni l’amour d’un foyer chaleureux etc. Sans ces trésors, difficile de vouloir fonder une famille, à moins d’avoir conscience d’en avoir manqué, et de savoir corriger le tir, être une exception. L’enfant isolé a tendance à être centré sur lui-même, et ce monde de la famille lui devient étranger. Il est devenu l’enfant parfait de toute une société et de son environnement familial, mais stérile.
L’enfant parfait pour la société
L’enfant parfait pour la société ne doit pas avoir une mère trop jeune. La mère jeune est considérée comme immature. Qu’importe pour la société que la jeune fille ne soit jamais si féconde que durant ce que la société appelle « adolescence ». Elle exige d’elle que l’adolescence se passe. L’adolescence est un concept fabriqué de toute pièce par la société. C’est une période de transition sociale et psychologique imposée à l’individu.
Durant la transition sociale imposée à l’individu femelle dans nos sociétés riches, il est exigé de celui-ci qu’il puisse s’insérer dans la société à l’égal d’un homme. Pour cela, il doit apprendre un métier. Qu’importe là aussi que le métier de l’individu femelle empiète sur son seul vrai métier, qui est celui de mère. La société attend que les individus femelles sacrifient à la société avant de ne jurer que par leur famille. Avoir un enfant tôt, c’est remettre en cause cette prédominance sociale. Même si la société bénéficie des enfants nés en son sein, de mères jeunes, elle estime qu’il y a là un ferment de révolte à son encontre. Voilà pourquoi l’état mène des campagnes de lutte contre les « grossesses précoces » dans les écoles, afin de prévenir toute provocation des femmes. Car qu’en serait-il si une mère donnait vie à des enfants sans reconnaître le rôle prépondérant de la société ? Ces enfants risqueraient eux-mêmes de remettre en cause la société, de faire sans, et il est vrai, à en revenir à une conception tribale du monde. La société exige donc des mères qu’elles reconnaissent ne rien pouvoir faire sans elle, avant de légitimer leurs procréations. Ainsi elle cherche à supplanter l’éducation parentale que ces jeunes filles reçoivent.
En guise de transition psychologique, les changements du corps masculin et plus particulièrement féminins, sont parfois longs à appréhender. Mais enfin, qui peut dire qu’il a entièrement investi son corps, même à la fin de sa vie ? qu’il ne prendra pas de risques inconsidérés, ou au contraire ne préférera pas le confort de l’ignorance ? Beaucoup ne l’investissent jamais à l’âge adulte. Pour tous les autres, ce corps est en perpétuelle mutation, et il leur reste toujours un inconnu, pour partie.
Demander aux adolescentes de se connaître physiquement avant d’avoir à procréer, suppose à minima, une expérience sexuelle pratiquée sans risque, car pas mal d’adolescentes se lanceraient bien dans le mariage et la maternité sans coup férir. La société intervient ici pour protéger sanitairement les jeunes filles. Cette offre est proposée en forme de compensation pour leur attente. Ou tout au moins la société cherche à donner l’impression qu’elle est capable de les protéger durant ce laps de temps.
Or loin d’apprendre aux jeunes filles à maîtriser leur corps, la sexualité déconnectée de la fécondation participe à générer des pratiques dangereuses pour la santé, protection sanitaire ou pas, et où le sexe dirige leurs désirs et leur corps. Car ce faisant, celles-là ne sont plus soumises à leur désir d’avoir des enfants, mais à leur propre excitation. Progressivement, elles apprennent à s’en satisfaire sans avoir à « subir » la contrainte d’une maternité. La sexualité non reproductive induit donc que le corps des jeunes filles ne leur appartienne plus à mesure qu’elles en acquièrent la connaissance.
Dans ce cadre, les risques de contamination grandissent malgré l’information qui circule à l’école sur les maladies sexuellement transmissibles. Le préservatif est vu comme la protection ultime, contre les grossesses, contre les maladies, contre les erreurs, tandis que les « accidents » avec préservatif sont nombreux, que les maladies circulent malgré les préservatifs, et qu’un acte sexuel n’est pas anodin pour la psyché surtout avec un préservatif. Idem avec les campagnes de vaccination, comme celle contre le papillomavirus, qui donnent l’impression aux individus femelles que leur santé est entre de bonnes mains, que les maladies sont sous contrôle, puisque la société va même jusqu’à inciter les garçons à se faire vacciner pour les protéger elles. Cependant cette même société ne maîtrise rien du tout. Tout comme avec les antibiotiques. Allez, admettons que ce vaccin soit efficace à 100 %, ce qui n’est le cas d’aucun vaccin, à combien d’autres maladies sont exposées les femmes qui ont de multiples partenaires ? Des centaines, dont les effets sont parfois inconnus, quand la science a déjà identifié les démences, stérilités et cancers que d’autres provoquent avec l’âge, sans que l’individu porteur n’ait toujours conscience d’être malade. Mais il faut que la jeune fille se fasse une expérience qui lui sera forcément bénéfique, avant d’être autorisée à procréer possiblement malade, souvent déconsidérée, et toujours blasée.
Comment ne pas parler ici du totem de la pilule contraceptive, cet espèce de cocktail hormonal plus prompt à soigner des animaux que des humaines. Les soigner de quoi d’ailleurs ? De leur désir de procréer. La pilule contraceptive pollue le corps, brouille les perceptions, provoque des maladies et pourtant elle est toujours autorisée dans notre société qui prend si soin de nos petites personnes. Il est vrai, il faut souffrir pour être belle, et parcourir un chemin balisé en conséquence.
Pour les filles « sages », les premiers rapports se font avec préservatifs, puis le couple de tourtereaux continue sans, quand la confiance est installée. Encore faut-il prévenir les grossesses « non désirées », et continuer à jouer aux enfants à un âge parfois très avancé. Voilà à quel moment de la relation, la pilule contraceptive intervient, pour améliorer la sensation d’être vraiment en couple… Seulement, bien avant d’en arriver là, les accidents de préservatif ne sont pas rares. Les tromperies rebattent parfois les cartes. Et le désir d’enfant resurgit inconsciemment entre deux « oublis » de pilule.
Ce système qui est sensé aboutir à faire naître l’enfant parfait, débouche sur l’immaturité, la maladie et la névrose. Immaturité de couples qui ont une sexualité découplée de toute fécondité. Maladie provoquée par le désir de sexe pour le sexe, qui tend à multiplier les partenaires. Névrose de celle qui « tombe enceinte » inconsciemment parce qu’elle sait ne pas pouvoir parler de ses vrais désirs d’adulte à son partenaire presque aussi immature qu’elle.
La sexualité stérile permet de patienter jusqu’à ce que la société soutienne le couple. Entre les lignes, il faut comprendre que seuls les couples dont les individus ont été chastes en s’opposant au discours social, où ceux qui arrivent à survivre psychiquement et physiologiquement aux conséquence d’un tel mensonge, peuvent avoir des enfants. Statistiquement, nous voyons qu’ils ne sont plus assez nombreux pour reproduire cette société riche, et qu’ils le seront de moins en moins tant l’état sanitaire et génétique des jeunes n’est pas bon (voir par exemple la baisse de qualité du sperme).
Psychologiquement, les résultats d’une telle démarche sont catastrophiques. La multiplication des individus objectivement troublés dans leur identité, déviants dans leur sexualité, ou qui refusent purement et simplement d’avoir des relations sexuelles, cache l’immensité d’une jeunesse mal dans sa peau qui n’a pas les moyens psychiques de se reproduire parce qu’elle a été nourrie de mensonges.
Le contrôle des rebelles
Il est aussi possible de débusquer ce désir d’enfant parfait dans la société à travers les exigences de l’assistance sociale. L’humanité a eu faim depuis la nuit des temps. Elle est parfois morte de faim. Mais qu’un enfant soit légèrement, mais insuffisamment nourri dans notre société et le couperet tombe. A l’inverse, il est possible de le bourrer de produits toxiques, jusqu’à la maladie, personne n’y trouvera rien à redire. Ces produits sont en vente libre. Ils favorisent la consommation ! Dans l’alimentation, ils s’appellent produits transformés, sucreries, pesticides etc…
Il est interdit d’être pauvre et d’avoir des enfants, à bien des égards. Chaque enfant doit avoir sa chambre individuelle, en plus d’un lit unique. Avant, les filles dormaient ensemble et les garçons ensemble, selon l’âge. Les petits enfants dormaient avec leurs grands-parents et parfois les couchers familiaux étaient aléatoires, dans la paille de l’étable, ou dans le lit parental, n’importe où. Chaque territoire avait ses pratiques. Je comprends la peur des relations incestueuses. Je ne crois pas que de telles mesures les aient empêchées. Les personnes troublées agissent toujours aussi mal. Mais les personnes équilibrées ont été privées de relations affectives, osons le dire, animales, qui assoient une dépendance psychique saine. Et la très grande majorité de personnes qui sont tout autant troublées que saines, n’ont plus le droit à l’erreur. Elles ne savent plus comment donner de l’amour.
Les enfants du passé étaient parfois une gêne, à cause de leur nombre. On les mettait hors du lit, et hors de la maison pour se soulager, même si on les aimait, mal. Désormais, on se soulage en les gardant trop, près de soi, mais à distance physique pour donner le change. Voilà comment de nos jours, ils sont maltraités. Les mères s’approprient leur enfant, et lui font perdre en autonomie. Jusqu’au point de rupture psychique où l’enfant parfait devient carrément une gêne pour la femme qui ne se conçoit plus comme mère. Jusqu’au jour où l’enfant parfait devient fou.
Petit retour sur l’histoire
Les héritages ont fini par être distribués de manière égalitaire dans nos sociétés démocratiques. Ce processus favorisa comme jamais cette plaie de l’enfant parfait. Divisé, le patrimoine fut rendu insignifiant dans les familles nombreuses. Concentré dans les mains d’un seul héritier, il fit courir le risque d’un accident de parcours mettant fin à la lignée. La triste leçon donnée à l’europe suivant la succession de Charlemagne fut oubliée pour l’occasion. Cette loi eut des effets particulièrement importants chez les anciens pauvres qui bénéficièrent de la prospérité d’un capitalisme renouvelé. Elle attaqua frontalement l’autorité des pères. Et surtout, elle brida la fécondité au fur et à mesure que les populations s’enrichirent, et voulurent maintenant préserver leur patrimoine.
Aucune autre loi ne fit autant de mal à la religion catholique, ni à la société française dans son ensemble. La disparition progressive des familles nombreuses tarit les vocations de prêtres, d’aventuriers, de militaires, d’inventeurs, et de débrouillards. Chez nous, elle fut soumise au vote en 1804 par notre glorieux Napoléon, digne héritier en cela de la révolution française, comme pour le reste. Grâce à des travaux comme ceux de Rousseau, l’idée circulait déjà en 1789 que les enfants n’eussent plus dû appartenir à leurs parents, et que la république eût dû s’en occuper à leur place. Napoléon allait participer à faire avancer cette idée par sa loi.
Car mettre tous les enfants au même niveau en matière d’héritage, c’était introduire l’indistinction citoyenne dans les familles, et priver ces dernières de décision. En allant plus loin dans l’incohérence d’une telle législation égalitaire, il sacrifia aussi la dernière génération nombreuse de france pour prix de ses folies guerrières et il interdit qu’un autre en bénéficiât après lui. Par la suite, le france peinerait toujours à s’imposer. Elle serait toujours en arrière plan par rapport à l’angleterre et finirait par être humiliée lors de la seconde guerre mondiale par une allemagne qui n’était rien à son époque. En population, la france ne fut plus qu’un pays parmi d’autres au cours du 19ème, et elle dut faire appel à l’immigration italienne et polonaise dès la fin de ce siècle pour espérer continuer à faire tourner la machine. Ses familles nombreuses étaient le coeur nucléaire de sa grandeur. Les attaquer fut criminel à bien des titres.
Certains droitardés célèbrent ce Napoléon, un homme qui a tué l’image du père dans les familles (il faut voir comment il se comportait dans son intimité), a tué la fécondité française, et comble de l’incohérence chez nos aficionados, a permis l’immigration de masse dans un pays qui était le plus populeux d’europe ! Un homme de gauche en vérité qui ouvrit la voie aux Staline et autres socialistes comme Hitler, pour cette raison et bien d’autres. La droite la plus bête du monde n’a pas révélé tout son potentiel chez nous. Elle se laisse monter sur les pieds par des gauchistes qui trouvent que ses lois sur la famille ont été trop patriarcales !
La dégénérescence a pris du temps. Elle prend toujours du temps. Les changements de civilisation sont de lourds paquebots. La france qui a été la première a subir certaines folies révolutionnaires, a été aussi la première à leur résister. La natalité française est largement passée sous le seuil de reproduction après tous les autres pays développés. L’enfant parfait a eu du mal à s’imposer chez nous. De petits paysans ont continué à avoir des enfants dans des familles nombreuses pendant que tout le monde arrêtait d’en faire. Nous avons également connu les premiers, les problèmes issus d’un manque de main d’oeuvre, et nous avons fait voter des lois natalistes, notamment sous le régime de Vichy. Mais désormais le roi est nu, et nous voilà au même niveau que les autres, malgré toutes les prophéties pleines d’utopie des panégyristes du progrès. Le temps a eu raison des bonnes intentions, mais pas de la vérité. Alors continuons à étudier ce mouvement.
Depuis la révolution, le modèle familial bourgeois et distant, s’est imposé à tous, avec la baisse de fécondité qu’il a encouragée. Distance perceptible dans les lois, quand chez le riche ou le pauvre, l’enfant parfait ne doit plus recevoir de fessée. Bien entendu, le bourgeois a quand même le droit de maltraiter ses enfants, il ne lui sera rien reproché par des institutions qui ont trop peur d’être remises en cause par leurs membres les plus éminents. Le bourgeois peut corriger ses enfants, et combien a-t-il raison de le faire, même si le coeur n’y est plus. Le pauvre n’a plus la même latitude. Ce serait approcher de trop près le corps de l’enfant. Toujours cette peur symbolique de l’inceste qui en dit aussi long que l’inceste lui-même. Ainsi ne distingue-t-on plus les corrections physiques éducatives des maltraitances.
La société a peur de l’inceste parce que l’inceste est partout dans une société qui n’a pas d’enfants. Chacun de ceux-là est accueilli comme un petit dieu quand il survient, rare, inaccessible, attirant, sacrifiable. Nous en manquons tant. Mais l’enfant tyran, mal éduqué, plus jamais fessé, est difficile à supporter. Le train l’exclue (notez : que pour les riches). L’école le flatte afin de pouvoir le tolérer (notez également que les gens fuient cette école dès qu’ils en ont les moyens). Et enfin, il est devenu gênant dans une société où les femmes doivent travailler pour participer à faire grossir le PIB, et qui estime pourtant que les crèches lui coûtent trop, alors que notre natalité est déjà en berne et que l’institution a moins de petits à recueillir. Comme si l’enfant n’était plus la principale richesse d’un pays. Remarque, les enfants, cela s’importe grâce à l’immigration. Il faut faire coïncider l’offre et la demande de produits…
L’enfant parfait doit aussi être pondu par des familles assez riches pour que celles-ci puissent l’entretenir seules. La maternité chez les pauvres est découragée. Le pauvre est traqué injustement par l’ASE, je l’ai déjà évoqué, même si plus qu’ailleurs, l’état français a su donner le change. Les allocations familiales ont même été réservées aux pauvres récemment. Seulement, qui dira que ces allocations familiales ne compensent pas la perte de revenu engendrée par une maternité, qu’elles ne le peuvent pas, et qu’il n’est pas souhaitable qu’elles le fassent ? Qui dira que ces allocations familiales génèrent une fertilité assise sur un besoin matériel, alors qu’il est toujours perdant, matériellement parlant, d’avoir des enfants ? Qui dira que ces allocations sont calculées au plus juste, et sont loin de permettre de pourvoir aux exigences sociales en matière de standards éducatifs, culturels, de consommation, de circulation, d’intégration des familles qui ne compteraient que sur elles ? Qui dira que l’administration se sert des pauvres et des allocations qu’elle leur donne, comme de la première variable d’ajustement de ses politiques quand elles échouent, au risque de détruire des individus ? Sans parler de l’humiliation permanente du fonctionnaire jaloux et frustré à l’adresse des individus qui ne rentreraient pas dans le cadre (une femme blanche ici)…
Même les familles de filles-mères, ou les familles immigrées, ne résistent pas au mouvement de stérilisation. En une ou deux générations, elles ont tôt fait de comprendre que ce n’est pas « rentable ». Quand j’entends les droitardés reprocher aux familles immigrées d’avoir des enfants pour les allocs, par jalousie, et alors qu’eux-mêmes ne sont plus capables de cet esprit de sacrifice, je me dis que nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Comme ils n’ont plus d’enfants, ces aigris veulent la stérilité pour tous. La lutte contre les allocations familiales devrait se faire sur des bases plus saines et moins abruptes…
Même en dehors de ce carcan pour pauvres, que se passe-t-il dans la classe moyenne, quand la richesse recule, quand les exigences autour de l’enfant augmentent et que les structures sociales ne sont plus capables de compenser les conséquences de l’effacement des structures familiales traditionnelles qu’elles ont détruites ? Pendant des années, le PIB de la france augmentait tandis qu’il devenait de plus en plus difficile d’assurer cette way of life. Cette augmentation a caché un désastre qualitatif qui a fini par avoir des conséquences quantitatives. En france, la rupture a eu lieu voilà peu. L’amour des enfants a résisté jusqu’au jour où tout ce système destructeur de l’institution famille a fini par prendre le dessus et ne plus pouvoir assumer les conséquences de ses décisions. Pour la première fois depuis longtemps, notre pays a connu l’année dernière plus de morts que de naissances, malgré l’importation massive d’une population immigrée. Le taux de fécondité s’est effondré à 1,54 enfants par femme en métropole, très loin du vrai seuil de renouvellement des générations.
L’enfant parfait pour les familles
L’enfant parfait a de moins en moins d’espace pour naître dans la société, mais également dans sa propre famille. Car les familles adhèrent sans recul au discours social, nouveau dieu s’il en est. Cet enfant parfait dans les familles est sommé de réussir dans la vie, avoir un bon métier, et de préférence faire de longues études. Le citoyen parfait. Il faut de l’envie, de l’argent, des aptitudes pour cela. Qui rentre encore dans ce cadre ? L’enfant parfait s’émancipe du cadre familial pour aller travailler à l’autre bout du pays. Il n’a pas d’attaches, pas d’identité, il est capable de vivre seul, même s’il a été homosexualisé par une mère possessive en tant que garçon, ou un défaut de père en tant que fille. Il faut dire que bon nombre de personnes homosexuelles le deviennent suite aux abus répétés d’un de leur parents qui n’a pas eu l’enfant parfait avec le sexe qu’il désirait pour lui. Mais on espère tout de même une fécondité de lui, probablement grâce aux avancées technologiques, à l’élargissement du marché et à « l’évolution des mentalités ».
Dans sa famille, l’enfant parfait doit arriver en forme de consécration, quand papa et maman ont un travail, qu’ils gagnent assez d’argent, qu’ils ont un logement assez grand pour l’accueillir, qu’ils sont sûrs de leur partenaire, pas assez sûrs pour se marier ensemble, mais assez sûrs pour enfanter, ce qui est bien plus contraignant que le mariage. S’ils agissent ainsi, c’est dans l’idée que l’enfant cimentera leur union, et qu’il contribuera à les faire s’unir officiellement, ou sinon que cette absence de contrat leur évitera une séparation compliquée devant les tribunaux. L’enfant passe au second plan, ou plutôt, il est instrumentalisé sous prétexte de bon sens. Mettre la charrue avant les bœufs, c’est s’exposer à un labour raté. Les séparations se multiplient, parce qu’il n’est pas possible de concevoir une famille sans l’idée de famille, de couple et d’engagement. La civilisation a besoin du cadre légal du mariage. Les individus aussi. Suite à une faute avant les noces, le minimum consisterait à régulariser la glissade par une union en bonne et due forme, comme cela s’est toujours fait. Au contraire dans notre société stérile, l’enfant parfait a pour mission de consacrer le futur couple, au cas où on continuerait à s’entendre, malgré lui. La décadence n’y trouve rien à redire. La déesse mère fait naître l’enfant parfait grâce à son partenaire de jeu sexuel, puis se le réapproprie en cas de séparation. L’enfant parfait n’a pas vraiment de père, même si monsieur est là pour la photo de famille.
(le contre exemple catholique, très minoritaire)
L’enfant parfait arrive encore dans les familles quand papa et maman ont assez profité de la vie, c’est à dire bu, baisé et fait la fête. Parce que dans l’idée des parents de nos jours, il faut épancher ses désirs libidineux avant d’avoir un chaste désir de famille. Or le désir libidineux entretient le désir libidineux. Ces parents se retrouvent avec un enfant sur les bras qui crie, les insupporte et leur demande du temps, mais ils ne comprennent pas pourquoi cela les insupporte, quand toute leur vie passée a été construite sur le plaisir. Les désirs libidineux ne s’épanchent pas, ils se frustrent, ou au pire, ils se canalisent.
Souvent, ces parents ont tellement attendu, que leur union est devenue stérile. Ils ne comprennent pas. Ils font des fécondations in vitro et ne réussissent que pour 18 % d’entre eux à redresser la barre, si j’ose m’exprimer ainsi. Qu’importe, comme avec les maladies sexuellement transmissibles, il faut les entretenir dans l’illusion du « tout possible ». La nouvelle génération n’a qu’à congeler ses ovocytes ! Qu’importe là aussi qu’une telle congélation, comme les fécondations in vitro, augmentent les risquent d’anomalies génétiques. On verra après la prochaine élection, quand il sera trop tard, et que nos battantes auront été saignées aux quatre veines tout en ne pouvant plus enfanter.
Avec un train de retard, le discours social s’adapte en direction des braves électeurs
Rassurez vous, l’état vous veut du bien. Il vient de comprendre qu’il y avait un problème de natalité chez nous. Il envisage d’envoyer une lettre à tous les vieux de 29 ans pour qu’ils prennent conscience des limites de leur horloge biologique interne, une lettre identique pour les filles et les garçons évidemment, question d’égalité. Le pompier pyromane commence à éteindre le feu qu’il a allumé. Il va pouvoir continuer à se donner de l’importance.
29 ans pour les prises de conscience, c’est trop tard. A 29 ans, tout est joué dans une vie, à vue humaine. Et passons sur le contenu de la lettre qui risque d’être croquignole. Tiens, vous voulez augmenter la fécondité générale dans notre pays ? Mettez le pire des antiféministes au pouvoir, ça sera un bon début. Quant au modèle de la gagnante qui assume tout, les enfants, le mari, le métier, le pouvoir politique, et l’achat de marshmallows, franchement, mettez-le immédiatement à la poubelle. C’est un délire lié à des croyances anciennes. Il va falloir en rabattre et devenir plus humbles mesdames et plus orgueilleux messieurs, et au moins renoncer dans son ensemble à cette idée d’enfant parfait.
Autant socialement que familialement, l’enfant parfait ne peut s’épanouir et devenir fécond. L’enfant parfait n’a pas le droit à l’erreur. Les parents de l’enfant parfait non plus, ni familialement, ni professionnellement parlant. Alors ils ne se donnent plus le droit de vivre. Ils végètent. Le niveau en est devenu déplorable et de moins en moins de monde est capable d’entrer dans ce costume social et psychologique devenu trop large à porter. La stérilité progresse, au milieu de la richesse et du désir de se reproduire. La croyance en l’enfant parfait n’y est pas pour peu.


J'y t'envoie une lettrinfo par saison
Laisser un commentaire