Même premier de la classe, même au milieu des cas sociaux, je fus toujours sous-évalué par mes enseignantes de primaire, exception faite d’une chaste lesbienne. Elles ne voulaient pas laisser un garçon seul en tête, très en avant de tous les autres. Le symbole leur était insupportable. Elles crurent aussi châtier en moi les prémices d’un probable orgueil. Elles châtièrent mon ego, sur lequel un individu se construit. Elles déformèrent la réalité à cause de leurs complexes et de la conception qu’elles se faisaient du monde. Je n’acquis aucune humilité grâce à elles, mais bien plus tard, après avoir enfin accédé à qui j’étais, après avoir déconstruit leurs mensonges de « maître.sses ». C’est donner un trop grand pouvoir aux femmes que de leur confier des enfants qui ne sont pas les leurs.
J’en fis le constat plus tard en tant que professeur. L’immense majorité des femmes favorisaient les petites filles, sans même le vouloir. Au-delà de leurs complexes, elles valorisaient tout simplement ce qui était important pour elles. Or ce qui est important pour une femme n’a rien à voir avec ce qui est important pour un homme. Les femmes entre elles ont leur langage. Elles se reconnaissent dans le langage de leurs élèves filles. Plus généralement les meilleures d’entre elles ont un rapport très sentimental à l’instruction qui échappe aux garçons, tandis que la logique pure ne les intéresse pas : l’effondrement implacable du niveau des mathématiques en france a correspondu très exactement aux progrès de la féminisation de l’enseignement. Rien n’aurait pu l’empêcher. D’ailleurs tout a été tenté et tout a échoué.
En effet, pour 1 femme un peu masculine motivée pour transmettre les mathématiques de manière intéressante, vous en aurez 10 qui s’en désintéresseront. Et aucune n’aura la rigueur morale et humaine qui lui donnera son efficacité. Tant mieux. Nous attendons généralement des femmes ce qu’elles peuvent donner de mieux : un beau langage et des émotions. Pourquoi devraient-elles changer pour faire plaisir à une société destructrice ? C’est à la société de prendre en compte la nature de chaque sexe et de placer les femmes là où elles pourraient être utiles.
Le féminisme fausse toute péréquation entre la nature des femmes et leurs justes ambitions sociales. Elle pousse les femmes à prendre toute la place et à surévaluer les filles en justifiant ce choix par nombre de contradictions : afin de leur donner confiance, pour atténuer les effets d’un patriarcat stipendié, parce qu’elles devront composer avec leur infériorité musculaire plus tard par rapport aux hommes, parce que leurs compétences ne sont pas reconnues à leur juste valeur, parce qu’elles sont fortes en vérité…
Victimes ou êtres supérieurs jamais reconnus, les filles bénéficient de tous les préjugés positifs et contradictoires qui peuvent les pousser vers l’avant dans notre époque de décadence. Pourquoi les hommes n’en bénéficient pas en parallèle ? Parce que les féministes ont besoin d’amoindrir les hommes pour être reconnues à un niveau qu’elles n’atteindraient jamais sinon. L’obligation de mixité dans les classes empêche une élite masculine de se reconstituer, élite à côté de laquelle les meilleures femmes feraient pâle figure si elles devaient s’y confronter dans la société. Le féminisme a généré la décadence, d’abord recouverte du masque de l’égalité qui a abaissé le niveau, puis de l’égalitarisme qui s’attaque désormais aux fondements des individus et de la société.
Dans un tel environnement, je vivotai durant des années. Endormi en primaire au sein d’une sorte de cocon protecteur tissé par des enseignantes cultivant une ambiance trop familiale dans l’école, peu sollicité, la rupture avec le collège n’en fut que plus brutale moi. Elle le fut encore plus pour mes camarades. Aucun ne devait obtenir son bac…
Déstabilisé, il me fallut prendre mes repères dans ce nouveau monde, sans qu’ils ne m’eussent été donnés au préalable, et dans un milieu ultra féminisé incapable de me les transmettre. Quelques professeurs hommes me permirent d’échapper un peu à l’ennui et d’entrevoir un ailleurs fait d’amour pour le savoir et d’excellence. Ils ne furent pas assez nombreux. Vu l’état actuel des lycées et des collèges, je ne crois pas que j’en sortirais par le haut si je devais recommencer.
Après beaucoup de ronflements, et de provocations envers les professeurs afin de me réveiller de mes langueurs, je finis pas accéder à l’université et la vécus comme d’une libération. Son enseignement répondit un peu à ma soif de connaissances. J’eus pu aller beaucoup plus loin que je ne le fis dans cet environnement. Mais mes professeurs de l’époque ne surent ni me pousser à fond, ni me retenir, déjà bien trop habitués qu’ils étaient à être flattés par le nombre. J’ignorais qu’il put y avoir un ailleurs, meilleur, fait d’excellence et qui m’aurait mieux correspondu. Je le compris des décennies après en écoutant par exemple un Charles Gave parler de son cursus universitaire. Nourri à l’égalitarisme français, j’avais du mal à appréhender les différences de niveaux entre professionnels. Dans toutes les domaines d’expertise, elles sont naturelles et gigantesques. Il faut le savoir pour s’orienter dans la vie, et trouver ses pairs.
Très peu de femmes enseignaient alors en sciences économiques. Mais malgré leur petit nombre et leur médiocrité, elles étaient valorisées. Dans beaucoup d’universités, un grand mouvement de féminisation avait lieu. Il devait aboutir à la promotion d’une élite type Sandrine Rousseau, docteur en économie tout de même, vice présidente de l’université de lille. Celles-là furent donc choisies à cause de leur sexe, l’air du temps jouant en leur faveur, tandis qu’il n’était même plus envisageable de favoriser des garçons virils. Dans une telle ambiance, le génie, et même le talent, n’avaient plus trop d’importance. Il se mourait dans l’entre-soi, la médiocrité et les préjugés féministes.
Le niveau de mes écrits en témoigne ici pour moi. Dans ce milieu universitaire, j’étais bien au-dessus de la moyenne. Mais à l’époque, je n’ai pas trouvé un seul homme pour me tendre la main. Ceux-là suicidaient notre pays en favorisant une mixité et une diversité, signe pour eux de renouvellement des élites, mais mouvement qui s’attaquait au concept même d’élite.
L’excellence est très rare. Celui qui croit qu’elle peut se trouver chez une femme ou un nègre parce qu’elle est femme ou nègre, que la diversité permet de rehausser le niveau de l’excellence, ou bien que l’excellence se trouve également répartie, n’a absolument rien compris à ce concept. L’excellence est si rare, que c’est un crime de vouloir la débusquer au hasard. Quel génie croit-on promouvoir en la cherchant dans les singeries de petites filles sages ? Ou dans l’absence de capital culturel d’un étranger qui vient tout juste d’accéder à la civilisation, aussi intelligent soit-il ? (l’actualité sur le suicide récent d’un plagiaire nègre de l’université anglaise, ou la mise à l’écart d’un « grand » écrivain haïtien de langue française envisagé comme futur goncourt mais ayant tout écrit par IA, démontre les dangers d’une telle démarche pour les personnes elles-mêmes) Chez ceux là, il y a des exceptions certes. Mais l’excellence est l’exception de l’exception.
A cause de la dureté de mes paroles, vous pourriez imaginer que je suis aigri. Mais il faut que vous compreniez que je n’ai jamais eu d’animosité envers tous les médiocres féminisés que j’ai croisés, ni à l’époque quand j’ignorais quelle était leur nature, ni en ce moment même quand je la sais. A l’époque leur attitude, et même leurs ressentiments envers moi, m’indifféraient. D’ailleurs, je ne les comprenais pas. Leurs connaissances seules m’intéressaient. En ce moment même, je sais combien je n’ai rien à leur envier. Ces gens là n’ont pas commis un crime contre moi en m’ennuyant, j’ai fini par acquérir l’essentiel dont ils m’avaient privé. Ils ont commis un crime contre la civilisation. La baisse du niveau est cumulative. Un individu peut s’en extraite. Une société s’en remet difficilement. Voilà pourquoi leur crime doit être dénoncé. N’y voyez surtout pas une forme de consolation pour moi. Ce serait perpétuer le crime.
Je tiens toutefois à remercier tous ces professeurs que j’ai croisés, minoritaires, qui n’ont pas lâché le morceau et qui contre vents et marées, ont tenté de passer outre la mode sociale. La chance ou mes goûts en matière de science ne m’ont pas poussés vers eux. Alors j’imagine que Dieu m’a certainement voulu ailleurs, ici-même, pour faire un travail d’ordre plus général en les soutenant d’une autre manière.
Après l’université, je travaillai dans une banque. Sous la protection d’un chef homme, je pus montrer ce que je valais. J’avais un poste de cadre, j’étais en contrat temporaire, j’étais sans expérience contrairement à mes collègues, mais j’avais les meilleurs chiffres de notre équipe. Je ne fus pas embauché à titre définitif malgré les recommandations de mon boss. Il est vrai que je fis grève avec les gauchistes. Déjà plus personne ne comprenait les erreurs de jeunesse d’un garçon turbulent. Plus personne ne savait que c’est de ce bois là que naissent les grands dirigeants, qu’ils se repentent de leurs erreurs plus tard, et qu’ils peuvent dès lors, juger avec commisération les autres jeunes garçons qui arrivent. Les femmes ne font pas d’erreurs. Elles ne prennent jamais de risques et elles acquièrent toujours une expérience moyenne. Voilà aussi comment elles font baisser le niveau sans le vouloir.
Quand je devins professeur, l’instruction publique était déjà un cloaque féminisé. Le seul inspecteur qui me tendit la main fut une femme, nouvellement nommée, et terrifiée par l’étroitesse d’esprit de mes collègues. Elle voulut me récompenser de mes bons offices et de mon abnégation, en me permettant d’accéder à un poste qui finit par me dégoûter définitivement de ce milieu. Je le quittai volontairement, sous les ordres d’un autre inspecteur, grand défenseur des chemises à fleurs et qui mit un point d’honneur à ne pas partir en retraite sans avoir largement relayé un article du monde sur les mensonges éhonté de la droite concernant la baisse du niveau des enfants. Ce genre de délires n’est plus permis grâce aux enquêtes pisa. La génération qu’il forma, est directement responsable de l’effondrement. Il n’avait aucune conscience de la situation, ceci expliquant cela.
A l’époque j’étais perçu soit comme une menace parce que j’avais les moyens intellectuels de devenir inspecteur, soit comme la baleine Willy à sauver. Ce milieu savait qu’il avait besoin d’hommes, un besoin crucial. Il ne savait pas comment s’y prendre pour les attirer. Il s’y disait que la profession manquait d’hommes parce qu’elle n’était pas assez rémunérée. C’était bien là une réflexion de femmes.
A ma charge, je dois avouer que lorsqu’il y a un crétin dans mon environnement, je finis immédiatement par tomber dessus et avoir des problèmes avec lui. J’ai toujours trop confiance en moi pour les éviter ou choisir des milieux aptes à me soutenir. J’ai le défaut et la qualité de mettre sur table les problèmes et de toujours vouloir avancer quitte à blesser les orgueils. Avec l’âge, je comprends un peu mieux les Rastignac qui cherchent à fuir la province pour conquérir paris.
A l’inverse de ceux-là, au moment même où la mondialisation vidait les campagne des derniers éléments qui la tiraient vers le haut, je fis le pari fou, et avant tout le monde, qu’avec l’arrivée d’internet, il ne serait plus nul besoin d’être auprès des grands centres de décisions pour prospérer. J’ignorais combien les institutions en place se défendraient becs et ongles pour survivre sans l’ombre d’une légitimité. Elles feront de même avec l’IA.
Suite à mes déboires familiaux, je rejoignis une association de défense des pères dans l’espoir d’y trouver ce que je n’avais rencontré nulle part ailleurs, au moins une équipe de combat. Si ces hommes là défendaient bien les pères, je les remercie encore de m’avoir aidé à titre personnel, ils ne défendaient pas la paternité. L’esprit masculin y avait reflué comme partout ailleurs. On n’y voyait pas plus loin que le bout d’un dossier juridique. Certes j’y appris le fonctionnement de la justice. Ce fut une révélation. Je tombai de haut, comme tous ceux qui y ont affaire pour a première fois. Mais cette découverte resta accessoire dans mon cheminement. Je n’y étais pas allé pour ça. Je savais que le combat se situait à un niveau plus élevé. Il fallait reconquérir notre place au sein de la société. Or ces hommes ne voyaient pas l’intérêt de s’armer d’une telle ambition.
Un jour, j’ai entendu une femme, pourtant victime d’un mari déloyal, dire : « comment les hommes ont-ils pu laisser faire cela ? » Elle voulait parler des évolutions sociales en matière de relations hommes femmes de ces 50 dernières années. Entre lâcheté et volonté de punir les femmes, les hommes ont baissé les bras, si bien que les jeunes hommes de milieux réactionnaires que je rencontre actuellement, misent encore sur leurs filles pour changer la société, et ils ne perçoivent même pas comment il pourrait en être autrement, malgré la débâcle.
Lorsque je vis que les hommes dans les associations de défense des pères, n’étaient pas aptes à faire progresser la condition paternelle, je pris mon destin en main. Je décidai de partir seul avec ma bite et mon clavier et créer ex nihilo ce qui devait l’être. Un peu plus tard, je revins les voir avec quelques textes et l’idée de les intéresser à la lutte sur ce terrain médiatique. Ils ne comprenaient toujours pas l’intérêt d’investir ce nouvel eldorado nommé « internet », ni pourquoi ils devraient avoir une réflexion profonde sur leur condition. Je continuai seul.
Je faillis percer. Mais les portes se refermèrent un peu trop vite pour que j’ai ma chance. Et du statut de débutant, je passai à celui de maître, sans avoir été promu par quiconque, sans avoir réellement réussi non plus, réduit à l’état d’observateur.
Je sais pourtant une chose : même ceux qui ont eu le temps de percer avant la censure généralisée et la récupération par les lobbys sionistes, ne savent plus ce que la « transmission » signifie. Car voilà où je voulais en venir à travers ces exemples par trop personnels. Je n’ai pas rencontré la transmission autour de moi. Je n’en ai pas bénéficié, je n’ai pas acquis le statut social pour en faire profiter quiconque. Jamais.
Ce diktat silencieux ne s’arrête pas aux portes de l’enseignement ou du monde professionnel. De l’autorisation stricte de l’infanticide par avortement au contrôle des garçons à l’école, surtout les plus virils, la société est pensée pour éviter le moindre dérapage qui remettrait en cause ce que les féministes appellent leur progrès. Il faut dire que chaque espace de liberté octroyée à un homme menace leur mainmise sociale, tant ce pouvoir féministe est artificiel et injuste. La transmission est autorisée, mais par et pour les filles, ce qui est un non sens. Les filles doivent transmettre la vie. Les charger de transmettre un patrimoine social, c’est les handicaper dans leur tâche vitale, et handicaper toute la société. Détruire la transmission masculine pour le permettre, est carrément suicidaire.
Mais il y a pire : une majorité d’hommes souscrit au mouvement de décadence qui les concerne. Il n’y a pas de hasard à l’impossible transmission. Comme avec les pères que je côtoie et qui ne voient que par leurs filles au moment même où ce monde a besoin d’hommes forts, certaines figures d’internet qui ont percé croient avoir transmis leur héritage à de plus jeunes alors qu’elles ont seulement occupé l’espace.
Seul exception notable, et je dois le citer une deuxième fois : Charles Gave, qui a compris d’instinct ce qui était en jeu, et qui s’est servi de sa science et de son argent pour créer une structure pérenne de transmission de son savoir. Il cherche des talents et il cherche à les promouvoir. Il a même cherché des ouvertures politiques, sans succès jusqu’ici, à cause du problème démocratique que je vais décrire un peu plus loin (Eric Verhaeghe vient de commencer depuis trop peu de temps pour que je puisse juger de son travail).
Les autres « dissidents » se confinent à faire du chiffre facile grâce à l’actualité en croyant changer le monde par des analyses ponctuelles. Ils ne promeuvent personne qui ne soit de leur cercle. Quand ils ne parlent pas des chiens écrasés politiques, leur médiocrité se satisfait d’un intellectualisme verbeux et lénifiant, type Polemia ou nouvelle droite. Ou encore, ils cultivent une érudition qu’ils confondent avec une pensée politique (Onfray, cercle aristote etc.), s’ils ne sont pas réacs (Tv liberté).
Il se dit encore de nos jours, qu’Alain Soral aurait réussi à former toute une génération, notamment grâce à son association égalité et réconciliation. Alain Soral a mené bien des combats idéologiques victorieux, mais certainement pas celui de la transmission filiale. Il a accueilli des milliers de jeunes très intelligents, peut-être dans les plus intelligents de notre génération, et aucun ne le surpasse. Il accepte des collatéraux qu’il considère comme ses égaux (Dieudonné, Félix Niesche… avec quelques accrocs), mais jamais il n’a sorti de la fange l’un de ces jeunes pour lui permettre d’aller plus loin qu’il n’avait été. Chaque initiative qui ne vient pas de lui est perçue comme une menace pour la structure qu’il confond avec sa personne (comme avec Vincent Lapierre). Cette problématique de promotion de la jeunesse au-delà du niveau qu’il a atteint, doit d’ailleurs lui paraître lunaire, lui qui cherche systématiquement à ne pas être surpassé, et qui ne le supporte pas.
Là encore, la question personnelle m’intéresse peu. Il a fait passer des idées, il a fait progresser le niveau de la polémique, et il est défiant envers le féminisme. S’il a transmis des réflexions, s’il a fait réfléchir toute une génération peu politisée, s’il a eu du courage même, il n’a pas su incarner l’homme de transmission, je dirais, malgré tout ce qu’il a accompli. Et voilà ce qui m’intéresse : comment le représentant le plus viril de notre scène dissidente française, qui a su attirer tant de jeunes à lui, comment celui-là a-t-il pu être incapable de transmission jusqu’ici ?
La raison de cet échec est due au fonctionnement même de l’association voulue par l’homme : elle y accueille tous ceux qui ont de l’admiration pour le maître, et elle promeut les gens pour leur engagement et leur fidélité. La société féminisée fonctionne un peu de manière identique.
Dans la société féminisée, il s’agit toujours un peu de faire la pute pour plaire au patron. Il faut savoir se vendre. C’est le maître mot. Le marketing, la communication, le slogan. La société masculine au contraire, discerne et place les garçons selon leur talent. Elle va chercher, et initie pour mieux intégrer. Et à l’extrême, quand elle a la prétention de devenir civilisation, elle sait mettre en avant les meilleurs d’entre elle. Or parmi tous ceux que ER a accueilli, aucun ne semble au niveau pour prendre la suite du maître. Certains y verraient là une fatalité. J’y vois un système.
Dans l’Evangile d’il y a deux semaines, le patron appelle au travail deux ouvriers. L’un dit qu’il va y aller, et finalement renonce. L’autre dit qu’il ne va pas y aller, mais s’exécute. Le curé de la paroisse caricature la réaction du paysan du coin qui récrimine contre le fainéant. Pendant ce temps, je me posais une question : combien de patrons actuellement iraient chercher un chômeur pour lui proposer du travail ? Dans l’Evangile, ce patron fait preuve de virilité : il a discerné des compétences chez deux ouvriers et il veut les payer pour leur travail. Cela n’arrive presque plus jamais dans notre société. J’entends souvent des critiques envers les chômeurs autour de moi. Très peu interrogent la responsabilité de patrons qui sont pourtant aux commandes. Eux aussi ne discernent plus, ne transmettent plus.
De nos jours, vous postulez en vous parant de vos plus beaux atours, vous écrivez une lettre et un CV grâce à l’IA, vous l’agrémentez de quelques mensonges, et alors le patron, sûr du désir que vous avez pour lui ou pour son entreprise, est susceptible de vous embaucher. Vous comprenez qu’il y a là plus qu’un rapport de prostitution. Il y a un rapport de séduction, comme si le travail était devenu un milieu amoureux. Voilà l’exacte différence entre un homme féminisé qui cherche à être séduit, ou séduire, symboliquement à sodomiser ou à être sodomisé s’il s’agit d’un candidat homme, à baiser s’il s’agit d’un candidat femme, et l’homme viril qui va introduire au monde social un jeune garçon en l’ayant préalablement discerné.
Je me demande s’il y a toujours des jeunes hommes comme je l’étais, qui éprouvent encore un haut le coeur à l’idée d’écrire un CV, et qui vieux, ont les plus grandes difficultés à se vendre. Si vous êtes dans ce cas, ne vous morfondez pas. Vous n’aimez pas jouer les putes, ce à quoi ce système féminisé tente de vous obliger. Vous êtes normal. Et ce système décadent ne l’est plus. Vous attendez seulement d’être discerné. Mais dans notre monde, vous pourrez attendre encore longtemps.
Voilà peu, quelques décennies tout au plus, tout le monde était choisi en france. Désormais, tout le monde trouve normal de montrer son désir pour un travail où il faudra faire preuve, en théorie seulement, de professionnalisme. Du désir… est-ce bien sérieux ? Ce système actuel est une machine à aspirer le désir et à vider les êtres humains de leur force. Il vampirise les individus. Voilà pourquoi l’expérience des vieux n’y est pas reconnue. Tout le monde se contrefout de bien faire le travail. Il s’agit juste d’obéir, d’être sage, de s’adapter et de donner de son énergie. La société féminisée nous a bouffés.
Par analogie, il est facile de comprendre combien la démocratie peut verser dans la prostitution ou le rapport amoureux quand elle est mal pensée. Vous le voyez actuellement, cette espèce de ramassis de péripatéticiens candidats qui cherchent à plaire au plus grand nombre, surtout les femmes, parce qu’elles disposent de la clef du scrutin en nous tenant par le scrotum.
Un homme qui se respecte n’exerce pas le pouvoir ainsi. Il le prend, ou il est mis en avant par ses pères. Or très peu d’hommes sont appelés par le peuple de nos jours. Conséquemment, les meilleurs fuient les élections, et les entrevoient avec horreur, ce qu’elles sont devenues, elles qui dans un tel contexte, ne mènent qu’à une inévitable décadence.
Pour régler ce problème, il suffirait de supprimer les candidats. Personne ne devrait avoir le droit de « se présenter ». Durant le moyen-page, les Evêques étaient parfois élus par acclamations. Les croyants exigeaient d’eux qu’ils exercent des fonctions dont bien souvent, ils ne voulaient pas. Plus ils étaient saints, plus ils comprenaient l’inanité d’obtenir de tels postes. Soit tout l’inverse de ce que nous faisons actuellement où nous votons pour les plus avides-puériles, pour après nous étonner du résultat. Au lieu d’exercer un travail de discernement, de recherche, nous cédons à la flatterie, convaincus qu’elle enchaînera le vainqueur à nos désirs. Voilà comment finir immanquablement cocus.
Je n’ai pas besoin d’aller chercher bien loin la déliquescence de notre société dans l’actualité et l’impossible transmission. La semaine dernière, des lycéens fous furieux ont détruit leur lycée, ou s’y sont attaqués dans toute la france, soutenus en cela par certains de leurs professeurs et des élus d’extrême gauche.
Cette attitude de la gauche m’intéresse peu. Elle était prévisible. Quant à l’état, il commence à penser en termes de punitions collectives, soit encourager un retour tribal. Là aussi, sa réaction médiocre dans une époque médiocre, était prévisible : débordé par les conséquences de ses politiques passées, il ne pense certainement pas à se remettre en question, mais cherche une légitimité nouvelle à la situation qu’il a créée de toute pièce.
Tournons plutôt notre regard vers la droite, à qui un boulevard politique était offert. Elle a de nouveau montré échantillon généreux de sa bêtise. De ce côté de l’échiquier, une voix presque unanime est montée de ses rangs pour demander la responsabilisation des parents ou indifféremment des enfants. Les mêmes qui veulent diminuer la majorité pénale, proposent aussi l’inverse, c’est à dire remettre les enfants sous l’autorité de leurs parents à un âge avancé, presque la majorité. A part favoriser l’autocratie, ce genre de réaction n’a ni queue ni tête. Elle procède d’une idée : l’ordre pour l’ordre se suffirait à lui-même.
Et puis, ceux là déplorent la situation pendant qu’ils n’ont rien fait de bien concret pour l’empêcher. Au moins à gauche, le mouvement est cohérent avec lui-même : une victimisation qui débouche sur une révolte. A droite, plus personne n’est catholique, mais tout le monde voudrait que les enfants soient bien éduqués. Bientôt ils seront de gauche.
Pour élever un peu le débat, pensons ce que cette jeunesse ou ces professeurs nous disent de la société.
Premièrement, les adultes ont démissionné, pas que les parents. Et tout un système les a laissés démissionner. L’autorité est absente, soit. Plus personne ne sait où il va, et plus personne n’a de légitimité pour contester les aberrations du système. Les individus le subissent et ils l’honnissent en même temps. Les revendications procèdent parfois du simple bon sens, comme les aménagements horaires. Or comment en est-on arrivés si bas, si ce n’est en évacuant les hommes de l’enseignement ou de la société ?
Les droitards n’y échappent pas. Ils sont même les premiers à participer à ce mouvement. Oui, ils sont les premiers à se doter de femmes à leur tête, dans de nombreux pays européens. Ils ne répondent qu’à elles. Ils ne pensent que par les femmes, protéger les femmes, les mettre en sécurité, les promouvoir au travail, les respecter dans la rue. Et après ils comptent peut-être régler virilement les problèmes auxquels nous nous affrontons. Comment en étant aussi irréfléchis et perméable au beau sexe ?
Les féminisés de banlieue ont au moins un avantage par rapport aux féminisés de droite. Ils sentent plus ou moins que la féminisation est un problème, tandis que les droitards s’y complaisent et dénoncent les conséquences de causes qu’ils chérissent. Voilà pourquoi les droitards veulent faire preuve de brutalité en sanctionnant les parents, ou les enfants, pas pour les responsabiliser, mais pour se venger. Leur médiocre puérilité va jusque là. Et ils croient que ce sentiment pour le moins négatif, va résoudre les conflits sociaux : des solutions simplistes pour des hommes simples qui permettent la victoire de la gauche à chaque fois. Profondément, ceux là rêvent d’un état de guerre civile permanent pour ne plus avoir à réfléchir, enfin, et pouvoir continuer à alimenter par leur sacro-saint « travail », cette machine sociale matérialiste qui les stérilise.
Certes, probablement, ces jeunes ont-ils été manipulés. Mais est-ce si étrange de voir cette génération masquée et confinée réagir ainsi ? Il fallait y penser avant. L’autorité a donné l’exemple de la sauvagerie sociale avec ses masques et ses pass. Qui sont les jeunes normaux de ceux qui ne le sont pas ? Ceux qui acceptent la folie en respectant la société, ou ceux qui dénoncent la folie en détruisant la société. Bien malin qui saura y répondre.
Les mineurs qui réagissent avec sauvagerie ont bien appris cette leçon venant indistinctement de la droite et de la gauche. Ils vous resservent le plat qui leur a été servi voilà peu. Dans quelques années, les jeunes qui n’ont pas manifesté, les derniers héritiers, seront au pouvoir. Ils feraient bien de réfléchir avant de répéter les erreurs de leurs aïeux, quand ils seront tentés de résoudre les problèmes de manière aussi simplistes qu’eux. Quant aux petits bourgeois de gauche qui ont manifesté pacifiquement, il faudra bien qu’il sorte de leur logiciel victimaire archaïque.
Voyez d’ailleurs la manière de sélectionner les enfants après le bac, ce fameux logiciel « parcoursup ». A 17 ans, ils doivent savoir seuls ce qu’ils veulent, dans un monde qui échappe à leurs parents. Le plus souvent, aucun adulte ne les a discernés, et de surcroît, ils sont jugés sur des examens qui ne les discriminent plus entre eux. Les plus âgés d’entre nous se souviendront de « l’école des fans » de Jacques Martin où tout le monde avait 10/10. Des quasi adultes maintenus dans l’enfance, qui sentent très bien que la méritocratie laisse de plus en plus place à une sorte de népotisme où l’injustice et le mensonge règnent. Ce monde, ces jeunes sont en train de le contester dans la rue, quand ils ne sont pas tentés de le brûler. Les gauchistes n’ont pas voulu les introduire à la grandeur de la civilisation française, ils détruisent ce pays. Là encore, la transmission a été nulle, rendue impossible par la gauche et son discours victimaire. Je ne peux plaindre ces enfants, je ne peux leur donner tort. Voilà le drame.
Il me semble que seuls des hommes couillus auraient pu s’affronter à la lâcheté de notre système. Personne n’en a voulus, ni les électeurs, ni les parents, ni les politiques. Et vous savez pourquoi ? Parce que ce système lâche vit de l’ensemble des lâchetés de ceux qui participent à sa survie. Les gauchistes ne veulent pas incriminer ces enfants. Ils ont raison, car ils s’incrimineraient en même temps. Les droitards veulent organiser un coup de force contre les « responsables ». Mais quel projet de société alternatif à la gauche ont-ils à leur proposer, si ce n’est les laisser à eux-mêmes pour les apprendre à se débrouiller seuls ? N’est-ce pas déjà le cas ? Aucun de ceux-là ne disent : « voilà mes enfants, il va falloir que je fasse avec, pour tenter de leur transmettre une éducation, à coups de tartes s’ils ne sont pas cohérents avec eux-mêmes ». Les uns ont la miséricorde sans la justice, les autres ayant la justice sans la miséricorde. Un Père a les deux.
Pas d’enfants, les Eglises qui se dégradent, ou qui sont détruites, les héritages qui sont transmis de manière égalitaire, le jeunisme, la diminution des unions sérieuses entre hommes et femmes, les pères qui ne sont plus chefs de famille, la fin des maisons de famille, la destruction du bâti ancien au profit de saunas en parpaings, les rénovations du bâti en lieu et place des restaurations, l’inculturation américaine, la baisse du niveau scolaire, l’absence de langage et de croyances communs, les innovations culturelles et sociétales merdiques, la perte de savoirs faire, la baisse de consommation du vin et des alcools de qualité, la malbouffe, la guerre contre les garçons et la patriarcat, la féminisation totalitaire et la survalorisation des femmes, la quête d’égalité, la jalousie comme mécanique alimentant la consommation, la dislocation des familles, la baisse du niveau en orthographe et du niveau d’expression, la perte de la religion… voilà quelques-uns des signes de l’impossible transmission dans notre société féminisée.
Or s’il y a bien des sociétés sans argent, il n’y a pas de civilisation sans transmission, sans pères. Demander à une femme de son entourage d’endosser toutes les responsabilités sociales est puérile. Avec les évolutions techniques récentes, la politique est devenue très compliquée. Il faudra des hommes forts pour alimenter le débat intellectuel. Où sont-ils ?


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